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Brigitte Fontaine : « Que la vie soit électrique »

« Oxymore ambulant », la femme-jaguar aux 80 printemps publie « Paroles d’évangile », collection de « bulles » papoues en forme d’évasion discale. C’est l’heure du passage à confesse, avec des extraits inédits de son « incendie » au Café de la Danse.

Brigitte Fontaine intérieur/extérieur
brigitte fontaine paroles d'évangile

Que savons-nous de Brigitte Fontaine ? De cette « pythie sympathique, parfois sans pitié, qui déclame vérités et absurdités avec la majesté d’une diva lointaine, l’innocence d’une gamine babillant dans un torrent de roses ou la fragilité d’une vieille agonisant dans les flammes d’un bûcher », comme l’a très bien écrit Benoît Mouchart dans la précieuse biographie qu’il consacre à la femme-jaguar, Intérieur / extérieur, publié au Castor Astral (2011) ? Se souvient-elle, elle, de ce cours particulier sur Rimbaud qu’elle nous délivra, voici pile un an, dans cette émission ? La revoilà, à quatre semaines seulement de ses 80 printemps, qui publie aux éditions du Tripode Paroles d’évangiles, collection dada-zazou très spirituelle de « bulles » papoues, ramassis rigolard-énervé de textes courts en forme d’évasion discale, ornée en couverture d’une abeille bleue peinte par Enki Bilal – un ouvrage, souligne-t-elle, « brodé à la main par une michetonneuse planétaire jamais devenue adulte, vulgaire lumpen SDF, femme de lettres bretonne et fière de l’être ».

D’où l’impératif de la revoir, une heure durant, pour parler dans le désordre le plus complet du monologue de Lady MacBeth enregistré dans la langue de Shakespeare avec Sonic Youth, toujours inédit depuis 2001 ; de son rôle de « Diogénie » dans le prochain film de Gustave Kervern et Benoît Delépine, Mords-les !, tourné à Morlaix, sa ville natale ; de son amour longue durée avec Areski Belkacem, compagnon-compositeur qui l'accompagne sur scène, sur disque et dans la vie depuis 1969 ; de sa haine du machisme infect de Montherlant ; de romans noirs et de whisky lampé en douce. Ou de ce furieux concert au Café de la Danse à Paris, en avril dernier, foudroyé par les guitares de Yan Péchin, dont vous entendrez ce soir de nombreux extraits inédits.

« Chaque fois que je joue, c’est la panique. Je crois que mes chansons sont proches de l’incendie, la destruction, la bombe. Le tour de chant idéal, ce serait un grand feu brûlant, très gai et très triste, tendre et méchant. » Soufflons sur les braises fabuleuses de la Fontaine.

Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019
Brigitte Fontaine © Fanchon Bilbille 2019

Une émission imaginée et animée par Richard Gaitet, réalisée par Sulivan Clabaut avec l’aide d’Adèle Caglar.

Visuels © Fanchon Bilbille, photos inédites d'un concert donné par la Reine de Kékéland, en compagnie du guitariste Yan Péchin, sur la scène de l'Alhambra, à Genève, en février 2019. Découvrir le travail de l’artiste.

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Lundi-Jeudi 21H00-22H00

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