Aller au contenu principal

Dans le Jargon : « SEUM »

Toutes les semaines, dans BAM BAM, on vous explique ces expressions que l’on entend toujours sans jamais les comprendre.

Aujourd’hui, Dans le Jargon s’attaque à un grand classique de l’argot français : le « seum ». Le « seum » c’est un mot que vous avez tellement entendu que même une publicité pour la sécurité routière se l’est appropriée en 2013 afin de cibler les adolescents. « Si t’as pas de sam, t’as le seum » disait cette publicité. Mais comme souvent, lorsque des institutions surfent sur les tendances des expressions argotiques, elles n’en maîtrisent bien souvent pas les nuances...


Comme d’habitude, c’est le rap et son site recensant toutes les paroles, Genius, qui nous donnent, bien souvent, de meilleures définitions qu’un dictionnaire classique. Maître Gims utilise alors le terme ainsi : « Enfoiré qui peut me test, j’ai le seum depuis l’enfance, voir l’ennemi en transe », tandis que Soolking chante « je sais que t’as le seum amigo, je suis dans le club avec ta Biatch, Chico »

On s’aperçoit que le « seum » se rapproche plus de la haine, de la rage que du simple spleen ou malaise comme l'évoquait la publicité de la sécurité routière. D’ailleurs, quand on se penche sur l’étymologie, le  « seum » provient de la langue arabe « sèm » et signifie littéralement « poison » ou « venin ». Si on poursuit notre enquête, toujours grâce aux textes de rap, on découvre vite une autre signification à « seum ». Celle-ci ne vous a peut-être pas échappée, mais il est certain que les créatifs de la publicité de 2013 n’en avaient pas conscience. C’est Booba qui nous éclaire sur ce sens lorsque, dans « Le Duc de Boulogne », il rappe « Hauts-de-Seine ça vend du seum car c'est le cash qu'elles aiment ».

Même chose avec PNL dans le chanson au titre évocateur « Je vis, je visser », où N.O.S affirme « Pas besoin qu’on m’aime je vends du seum tampon M ».

Pas besoin de se retourner les méninges pour comprendre qu’il ne vend pas de la haine mais que c’est bien de drogue dont il s’agit. Hayce Lemsi, nous permet d’en savoir un peu plus sur ce « seum » que les rappeurs vendent. Il écrit ainsi dans son titre « Jusqu’au Dernier Souffle », « Soupire un nuage de seum dans les stages, que des punchlines sales ».

Donc le « seum », c’est bien de la drogue, de la résine de cannabis plus précisément. Et de bonne facture qui plus est, ou de la « frappe », comme Booba le précise « dans le 9-2 y'a que du seum, on t'laisse la moquette ». La logique dans tout ça, c’est que finalement, le seum en tant que drogue, permet de noyer son seum, sa rage... Pas certain que l’expression de la sécurité routière « quand t’as pas de Sam t’as le seum » ait exactement la même portée ! Laissons donc la parole aux rappeurs, et en particulier à l’un des emcee qui rappe le mieux la rage. Hugo TSR, bien sûr. Ce dernier rappelle dans son morceau « Là-Haut », que dans son quartier le 18e, on y trouve du seum au marché, entre les prunes et les pastèques...

Dans le Jargon, tous les mercredis dans BAM BAM, le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel et réalisé par Malo Williams, du lundi au vendredi sur Nova.

Visuel : (c) Radio Nova

Dans le Jargon
Emissions

Dans le Jargon

par Sophie Marchand & Jean Morel

Dans le Jargon : « ZUMBA »

Dans le Jargon : « ZUMBA »

Chaque semaine, dans BAM BAM, on vous explique ces expressions que l’on entend toujours sans jamais les comprendre.

Dans le Jargon : « WESH »

Dans le Jargon : « WESH »

Chaque semaine, dans BAM BAM, on vous explique ces expressions que l’on entend toujours sans jamais les comprendre.

Dans le Jargon : « BEEF »

Dans le Jargon : « BEEF »

Chaque semaine, dans BAM BAM, on vous explique ces expressions que l’on entend toujours sans jamais les comprendre.