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Cargo de Nuit : épisode 2

Chaque jour, Thierry Paret vous raconte son expédition dans l’Atlantique, embarqué à bord d’un cargo.

La Liberty Bridge. C’est ainsi que l’on nomme la ligne empruntée par les cargos qui relie l’Europe à la côte est des États-Unis. Une véritable autoroute de la marine marchande, une ligne droite qui passe au sud des glaces de Terre-Neuve. Parmi les nombreux cargos qui empruntent cette ligne, il y a La Traviata, porte-conteneurs de la compagnie française CMA CGM sur lequel notre journaliste Thierry Paret a eu l’occasion de vivre durant une semaine entre Le Havre et New York. C’est Cargo de Nuit.

Cargo de nuit

S’il est un son caractéristique, si ce n'est caricatural, de la marine marchande, c’est bien celui de la corne de brume. Cette dernière se trouve sur la proue du bateau et résonne toutes les deux ou trois minutes, lorsqu’on en a l’utilité, c’est-à-dire dès qu’il y a de la brume.

L'indispensable corne de brume

L’Atlantique nord a la particularité d’avoir une météo très instable avec des dépressions difficiles. Durant ma traversée, il est arrivé à plusieurs reprises que la brume s’abatte brusquement sur nous, en quelques minutes, au point de ne pas voir à dix mètres. La corne de brume est alors activée pour, tout simplement, prévenir de notre présence les éventuelles petites embarcations qui pourraient croiser notre route.

C’est l'une des surprises de mon voyage : un cargo, c’est très moderne, mais c’est avant tout très pratique. D’un point de vue technologique, un cargo est suréquipé, il y a des écrans partout au poste de pilotage, il y a des infos dans tous les coins. On sait bien sûr précisément où on est, à quelle vitesse on va - 35 kilomètres heures en moyenne - quel cargo se trouve dans les environs, ce qu’il y a au fond de l’eau, est-ce que c’est profond etc. On sait tout, et en même temps, on utilise toujours la corne de brume pour prévenir les petites embarcations...

Cargo de nuit

Autre exemple de praticité, la législation impose ce que l’on appelle un « pilote de port ». Un pilote de port aide les cargos à entrer ou sortir d’un port, au départ un pilote est donc sur le bateau et le quitte une fois sorti du port en prenant place sur une petite navette qui vient le récupérer. Oui mais comment ? Le cargo avance et il y a bien 20 mètres de hauteur entre le pont et la navette. En fait, il y a une trappe dans la cale, une trappe qui permet au pilote de port d’accéder à l’extérieur du cargo juste au niveau de la navette.

Autre exemple, au poste de pilotage, toutes les heures, on calcule et on note toujours avec un crayon, sur une carte étendue sur un bureau, notre position exacte. Le trajet est essentiel, le Commandant dispose d’une feuille de route que lui transmet l’armateur, il doit suivre une route précise, partir tel jour à telle heure, et arriver tel jour à telle heure. Ceci dit, il peut évidemment y avoir des impondérables et dans ce cas, le Commandant est le seul habilité à modifier le parcours. Cela arrive parfois en cas de gros temps, fréquent en Atlantique nord, en cas d’avarie et, plus surprenant, en présence de baleines. Si elles sont trop nombreuses, le Commandant à pour consigne de ralentir le navire.

Nous n’avons pas eu l’occasion de voir de baleine sur cette traversée, mais en revanche nous avons pu observer à plusieurs reprises des dauphins, près des eaux territoriales américaines où la mer est plus chaude.

Cargo de nuit

Il y a un autre objet particulièrement pratique, qui se trouve tout près de la corne de brume, il s’agit de l’ancre. La Traviata dispose de deux ancres de 24 tonnes chacune. Les cargos mouillent rarement puisqu’ils sont généralement amarrés. Il y a toutefois des moments où les ancres deviennent indispensables. Dans le Canal de Suez par exemple, les navires sont tellement nombreux à emprunter les 193 kilomètres du célèbre canal égyptien qu’ils doivent obligatoirement mouiller. Les ancres sont également utilisées lorsqu’un port est saturé, le temps de disposer d’un emplacement pour être amarré.

Les ancres sont particulièrement bichonnées car indispensables. S’il y a une avarie sur l’une d'entre elles, on essaie évidemment d’abord de la réparer. Si c’est impossible, on peut décider de s’en séparer, de la désolidariser de son socle pour éviter d’abimer le bateau. On pourrait se dire que se délester de 24 tonnes d’un coup n’est pas très bon pour l’équilibre du navire. Cela passe en fait inaperçu, compte tenu du poids total du navire qui atteint, lorsqu’il est chargé, plusieurs dizaines de milliers de tonnes.

Cargo de nuit

Troisième épisode de Cargo de Nuit, demain dans la Matinale d’Armel Hemme.

Mille mercis à l'agence Mer et Voyages qui m'a permis de réaliser ce voyage hors du temps, et qui accompagne chaque voyageur qui le souhaite à voyager différemment.

Visuels : (c) Thierry Paret

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