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BAM BAM : les Affaires Musicales du 9 mai

Avec un voyage en Jamaïque à la découverte du riddim, un sample mythique de Mobb Deep décortiqué par Sims et une visite de l'exposition Electro à la philharmonie de Paris

BAM BAM, c’est le Bureau des Affaires Musicales de Radio Nova, animé par Sophie Marchand et Jean Morel, du lundi au vendredi sur Nova. 

Aujourd'hui, on a des envies d'ailleurs, alors on part en voyage en Jamaïque pour parler de riddim, Sims nous emmène à New-York pour parler d'un sample mythique de Mobb Deep, puis on fait un détour par le Québec pour écouter le baladeur de Loud avant de rentrer sur Paris pour explorer l'histoire de la musique électronique. Et bien entendu, on a encore plein de nouveautés à vous faire écouter !

...On part en Jamaïque découvrir la naissance de la culture du riddim

Tout commence en 1967 avec Rudy Redwood, un selector (=DJ) de sound system. La légende raconte qu'un soir, en voulant passer le morceau « On The Beach » des Paragons, il aurait malgré lui lancé le phénomène des riddims, ou plutôt des reprises : suite à une erreur technique d'un ingénieur du son, un des disques que joue Rudy Redwood ne contient pas les pistes vocales, mais uniquement les pistes instrumentales. Et pourtant, la magie opère car cette version fait chanter l'ensemble du public et quand, dans la foulée, le DJ la mixe à la version vocale originale, le public explose.

Immédiatement, on demande au producteur du morceau, Duke Reid, d'en sortir une version instrumentale. Sentant le filon, Duke Reid se lance dans une démarche de réédition de tous ses morceaux sous la forme de versions instrumentales. Et l'engouement est total : l'année suivante, tous les morceaux ont une face A avec une version vocale, et une face B instrumentale.

Il s'agit d'une véritable révolution musicale puisque cela permet aux toasters, ceux qui ambiacent les sound-system au micro, d'exister. Les instrumentales deviennent leur terrain d'expression et le succès est tel que les toasters finissent même par entrer en studio. Le premier à s'enregistrer sur des Face B est U-Roy, dont les trois premiers titres prennent tout simplement les trois premières places des charts....

Désormais édités en trois versions, un titre vocal original, une version instrumentale et une version toastée, la production jamaïcaine est multipliée par trois en trois ans. La culture de la reprise devient exponentielle avec l'arrivée du dub : King Tubby commence à mixer les pistes instrumentales en ajoutant davantage d'effets avec des basses plus lourdes et plus de réverbe notamment. De quoi démultiplier les versions instrumentales des riddims et sortir toujours plus de disques grâce à une culture du remix née lors d'une drôle de nuit de 1967...

...On revient sur une boucle mythique de Mobb Deep avec DJ SIMS

Cette semaine, DJ SIMS nous emmène dans le Queens (New-York) pour (re)découvrir un sample qui a marqué le hip-hop. À seulement dix-neuf ans, Havoc et Prodigy ont réalisé un titre aussi mémorable que l'album pour raconter leur vie avec un réalisme glaçant, tranchant avec les ambiances plus joyeuses qui se faisaient jusqu'alors.

L'instrumentale de Shook Ones part. II s'incruste dans notre oreille et devient inoubliable grâce à ses samples : le premier à apparaître nous plonge dans une atmosphère inquiétante. Il s'agit d'une nappe issue d'un morceau de Quincy Jones, une pièce expérimentale sortie en 1971 et qui a un moment, dans sa création, introduit cet espèce de son de tronçonneuse mélodique (1 min 16)

En ce qui concerne le deuxième sample, il a fallu attendre 2011, soit quinze ans, pour que Timon Bronko Heinke, membre du forum the-breaks.com, annonce sa découverte, comme l'explique Brice Miclet dans un article paru sur Konbini. Ces notes-là ont rendu fous les diggers car ils n'arrivaient pas à saisir de quel instrument il s'agit, ni dans quel style musical chercher. 

D'autant plus qu'Havoc, producteur du morceau, a fait en sorte de brouiller les pistes. Et cette semaine Sims, le roi du sample, nous explique qu'Havoc a isolé neuf notes de piano d'un sublime morceau de Herbie Hancock. Il les a ralenties, à différentes vitesses, puis il a nettoyé un peu la piste.

...On visite l'exposition Électro à la Philharmonie de Paris présentée par son commissaire

Il y a quelques jours, Jean-Yves Leloup, journaliste spécialisé dans les musiques électroniques, nous a guidés dans cinquante ans d'histoire d'un genre. On y découvre des instruments, des masques, des installations, de l'image, et bien évidemment, de la musique.

Grâce aux précieuses contributions de Laurent Garnier Kraftwerk, Daft Punk, Jean-Michel Jarre et bien d'autres, on a l'impression de traverser les entrepôts désaffectés de Chicago, les ghettos de Durban, les clubs berlinois, ou encore les plages de Goa. Le tout accompagné par des mixs de Laurent Garnier qui fonctionnent comme une bande originale.

L'exposition est ouverte jusqu'au 11 août et prévoit des nocturnes jusqu'à 22h le vendredi.

La playlist

  • Skip Marley - Thats Not True
  • Alex Cameron - Miami Memory
  • Dam Funk - Compos Montis
  • Mobb Deep - Shook Ones
  • Dombrance - Giscard
  • Denzel Curry - Ricky
  • Nouvo Nova : Bobby Oroza - Falling In Love
  • Ghostface Killah - Motherless child
  • Africa Express - Johanesbourg
  • Baptiste W. Hamon - Je Brûle (remix Barbagallo)

Dans le baladeur de Loud :

  • Jay Z - Public Service Annoucement

Et la suggestion de l'auditeur sur le répondeur de BAM BAM :

  • Simone - Thnkn Bout

BAM BAM, le Bureau des Affaires Musicales, une émission animée par Sophie Marchand et Jean Morel, et réalisée par Malo Williams. Du lundi au vendredi, 18h00-19h30.

Visuel © LP Cover - Bollywood - Tuhje Nahin Chhodunga (1991)

BAM BAM
Emissions

BAM BAM

par Sophie Marchand & Jean Morel
Lundi-vendredi, 18h00-19h30

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Chaque vendredi, c'est Open BAM.