Aller au contenu principal

L'Iran n'aime pas "Argo"

Face au succès du film de Ben Affleck, le pays va subventionner un (autre) film sur la crise des otages de 1979

Par Amélie Saletti

Les Golden Globes sont la « plus grande cérémonie politique de l’histoire du cinéma américain », déclare le quotidien iranien 7Sobh.

A l’origine de ces propos, la consécration du film Argo lors de la cérémonie au rang de meilleur film dramatique et le prix de meilleur réalisateur pour Ben Affleck, comme le relate le Huffington Post. Ce long métrage a réveillé un contentieux diplomatique qui ne date pas d’hier entre les deux puissances ennemies, débuté justement lors cette crise racontée dans le film.

Il retrace les premiers soulèvements populaires pendant les révolutions iraniennes de 1979, et met en exergue la situation des otages américains.

Rappel des fait. Octobre 1979, le Shah Mohamemad Reza Pahalavi se réfugie au Mexique pour fuir le soulèvement du peuple face à son régime. Souffrant de problèmes de santé importants, le dictateur en fuite est hospitalisé aux Etats-Unis.

Pour manifester leur mécontentement, 400 étudiants iraniens prennent alors d’assaut l’ambassade américaine de Téhéran. Sauf que le personnel brûle les documents sensibles en toute hâte. Les étudiants excédés prennent en otage 53 personnes, pour la plupart diplomates. La majorité des individus pris ne seront pas relâchés dans l’immédiat, et vivront une détention de 444 jours.

Manifestation du 9 décembre 1979 à Washington DC contre la prise d'otage

Le film revient sur l’exfiltration chaotique de six otages refugiés au sein de l’ambassade du Canada. Une mission scénarisée et montée de toutes pièces par la CIA et l’exécutif américain : déguiser les otages en membres d'équipe d’un film de science-fiction tourné en Iran. Un plan risqué mais audacieux.

Le rendu du film et la vision apportée n’est pas du goût des autorités iraniennes qui  vont en réponse subventionner un film autour de ce même événement. Selon le réalisateur choisi pour relever ce défi, Ataollah Soleimanian, ce long métrage « peut être une réponse appropriée à la vision déformée de certains films comme Argo » au sujet des faits rapportés sur l’occupation de l’ambassade américaine du 4 novembre 1979.

Décidément, les relations entre les Etats-Unis et l’Iran coupées depuis cette période ne risquent pas de se réchauffer dans les mois à venir.

Pour une certaine histoire de l'Iran rendez-vous ici relantant de l'émission "PUDDING" du 9 décembre 2012