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Dona Canô, mémoire du Brésil

La maman de Caetano Veloso s'en est allée au bel âge de 105 ans

Par RKK

Elle s'est éclipsée le matin de Noël, dans sa maison, à Santo Amaro, à une heure de route de Bahia, entourée des siens, à 105 ans d'une vie bien remplie. Et pourtant, Claudionor Viana Telles Velloso, que le Brésil entier connaissait sous le nom de Dona Canô avait bien peu quitté sa terre du Recôncavo. Elle n'était pas seulement la mère de huit enfants dont, excusez du peu, Maria Bethânia et Caetano Veloso (avec un seul "l"), mais celle qu'on ne manquait pas de passer saluer quand on passait par Santo Amaro. 

Lors de notre unique rencontre chez elle, fin des années 80, cette mamie délicieuse avait tenu à me dire quelques mots dans un impeccable français, langue qu'elle avait apprise à l'école dans les années 1920. Plus officiellement, Lula lui avait rendu visite pendant son mandat de Président.

Elle même lui avait apporté son soutien dès 2002. Ce qui n'était pas rien, à Santo Amaro, où la parole de Dona Canô valait plus que celle de nombre de politiciens. Comme beaucoup de Baianes, elle menait certaine cérémonies catholiques, ce qui ne l'empêchait nullement de participer aux hommages du camdomblé, les cultes afro brésiliens.

Dona Canô était évidemment fière de ses enfants à qui elle a transmis tout un répertoire de cette région singulière. Ecoutez cette chanson qu'elle égrène à plus de 100 ans, d'
une voix étonnamment claire, avec un charme confondant, accompagnée de Caetano, dans le "quintal", la cour, sur fond de linge qui sèche.

 


Oscar Nimeyer, le créateur de Brasilia, est mort vingt jours plus tôt, à seulement... 104 ans et 355 jours ! Il était son cadet d'à peine deux mois. Décidément, les anciens restent... jeunes, au Brésil.

Axé, Dona Canô...