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« Love What Survives » : l'album de Mount Kimbie en écoute

« Love What Survives » : l'album de Mount Kimbie en écoute

Et sérieux, il défonce.

Par Bastien Stisi

Mount Kimbie, l’un des duos de producteurs (Dominic Maker et Kai Campos) les plus fascinants de la scène pop-électronique anglaise actuelle (tendance electronica-dubstep qui regardent vers tous les horizons) fait son grand retour, quatre ans après Cold Spring Faust Less Youth, le disque sur lequel l’on trouvait notamment le formidable « Made To Stray » (les vrais savent). C’est Love What Survives, un troisième album que les Anglais ont parfaitement su teaser ces derniers mois (conséquence : on avait très hâte de l’écouter) et qui se démarque de ses prédécesseurs, notamment, parce qu’il accumule ici les featurings « vocaux », procédé jusqu’alors demeuré rarissime chez eux (King Krule, seulement, sur « You Took Your Time » ou « Meter, Pale, Tone », avait prêté sa voix sur les productions des deux garçons).

Mount Kimbie and friends

Alors, on retrouve une fois encore la voix de King Krule (dont on ne se lasse pas), sa gueule de ginger baby et sa voix de coroner qui en a vu passer (il a en réalité 23 ans), sur l’excellent « Blue Train Lines », l’un de nos gros titres de l’été. Andrea Balency également, Micachu (d’habitude, il est avec The Shapes), et James Blake surtout, cousin très proche d’une scène électronique londonienne sur laquelle l’on n’hésite pas à poser des voix groovy et suave, celles qui déchirent les cieux, les coeurs, et tout le reste. Deux collaborations pour ce dernier, sur « We Go Home Together » et sur « How We Got By », pour deux petits chefs-d’oeuvres. Couru d’avance. 

Des morceaux avec des copains, et aussi, des morceaux avec soi-même. Et ceux-là aussi sont remarquables : « Four Years and One Day » qui ouvre l’album, « SP12 Beat » qui amène la musique électronique dans la jungle, « Poison » et son interlude au piano, ou « Delta », morceau new-wave composé au synthé et à la batterie. Que du très grand. À écouter impérativement. Et à plusieurs reprises tant qu’à faire, afin d’en capter les très nombreuses nuances. Le « Poison » (c’est si addictif…) et de fait, l’antidote.

Mount Kimbie, Love What Survives, Warp Records.

Visuel : (c) Frank Lebon