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We Fight Censorship

Reporters Sans Frontières lance son site d’information anti-censure

Par Mathilde Serrell et Camille Diao

10h sur Nova : l’heure des cultures boomerang, révoltées et désobéissantes. Et aujourd’hui, on vous parle d'un média en résistance.

Connaissiez-vous l’« effet Streisand » ? C’est l’histoire, il y a une dizaine d’années (de mémoire de lol) de l’actrice Barbra Streisand qui attaque en justice un photographe pour avoir publié une photo aérienne de sa maison sur le net. Résultat : tout le monde se met à mater cette photo qui était pourtant passée inaperçue !

Hé oui, plus la volonté de censure d'une information sur Internet est forte, plus l'information sera diffusée par la communauté des internautes. C’est ça l’effet Streisand.

Une règle de base du net que Reporter Sans Frontières applique en lançant aujourd’hui le site WeFightCensorship.org(« nous combattons la censure »). Un site qui se propose de relayer tous les contenus censurés, interdits ou ayant valu des représailles à leurs auteurs... Fallait pas censurer !  

« Miroir-miroir »

Toutes les précautions sont prises. Le site est conçu pour être aisément duplicable et sera relayé par des sites miroirs – une manière de mettre en échec toute éventuelle tentative de filtrage ou de blocage.

Les internautes seront appelés à relayer les contenus censurés pour leur donner une plus grande visibilité. Le tout est pensé comme une vraie arme de dissuasion massive : « Nous souhaitons démontrer que priver l'auteur d'un article de sa liberté, saisir des exemplaires d'un journal ou bloquer l'accès à un site d'hébergement vidéo, n'empêchera pas le contenu lui-même de faire le tour du monde, au contraire »
 explique Christophe Deloire, directeur général de l’organisation.

Le comité éditorial de WeFC se chargera de sélectionner des contenus éditoriaux (articles, vidéos, sons, photos, etc.) envoyés par des journalistes ou des net-citoyens victimes de la censure, dans la langue d’origine mais aussi en traduction française et anglaise. Ils seront accompagnés d’un texte de présentation du contexte et de l’auteur, ainsi que de tous les documents nécessaires au grand public pour apprécier leur valeur informative. 



Un « kit de survie numérique » à l’usage des dissidents

Et ce n’est pas tout : WeFightCensorship proposera également des solutions aux internautes qui cherchent à se protéger de la censure.

Grâce à un « coffre-fort numérique » sécurisé, ils auront la possibilité de faire parvenir des contenus de manière anonyme à des fins de publication.

Ils auront également accès au « kit de survie numérique », sorte de mode d’emploi de la sécurité numérique. On pourra désormais comprendre et utiliser correctement des outils tels que les réseaux privés virtuels (ou VPM), des logiciels de chiffrage (TrueCrypt) ou des technologies d’anonymisation en ligne (Tor). En bref, il s’agit de sécuriser sa connexion pour pouvoir contourner des censures techniques, de se protéger soi-même et ses sources.

Le projet WeFightCensorship bénéficie du soutien de l’Instrument Européen pour la Démocratie et les Droits de l’Homme (IEDDH), de l’Union européenne et de la Mairie de Paris. La version française du site sera disponible très bientôt.