Aller au contenu principal

« Balcoon » : la nouvelle quête (clipée) de Bachar Mar-Khalifé

L’occasion de se réécouter « Ya Balad », son superbe troisième album

Par Bastien Stisi

De son superbe troisième album Ya Balad (« Ô Pays » en arabe), le franco-libanais Bachar Mar-Khalifé, parfois playlisté, et souvent passé chez Nova (chez Linda Lorin, chez Isadora Dartial, aux Nuits Zébrées de Clermont-Ferrand…) continue d’extraire les plus précieux instants, mis en image par quelques collaborateurs talentueux.

Ce fut d’abord le traumatique « Layla », qui, reprenant les thématiques majeures de la pièce musicale le Paradis de Helki, donnée quelques mois plus tôt au Théâtre des Bouffes du Nord (ou comment gérer les traumas qui gangrènent l’esprit), mettait en scène un personnage contraint de saccager à la hache les contours d’un piano qui, concrètement, n’avait pas à se trouver à cet endroit et à ce mauvais précis.

Et puis ce fut le clip de « Lemon », qui, bien plus léger que le précédent (et franchement très drôle) étalait du jaune partout (sur les citrons en question, sur les peaux, sur les divers objets qui se présentaient dans le coin). Et du vert aussi, mais seulement sur le personnage féminin de l'intrigue, apparition furtive et bien plus douce que celle de son père, sans doute mis en scène juste avant dans le clip hautement symbolique de « Layla ».  Ce clip, il était signé par le collectif Scale, qui avait réalisé le précédent et avait également participé à la création du « Paradis de Helki ».

Dans le clip de « Balcoon », nouvel extrait mis en image cette fois par Danielle Arbid, ni citrons jaunes ni mémoires à fracasser. Mais une quête, que l’on pourrait juger « amoureuse », de Bachar lui-même à travers son Beyrouth natal, dont on traverse les recoins à travers la narration d’une romance qui, petit à petit, se construit. Ou se poursuit, allez savoir. Un peu comme la passion que l’on a ici pour ce Ya Balad, que l'on a donc l'occasion de se réécouter, chef-d'oeuvre incontestable de l’un des plus fascinants artistes d’une maison (InFiné) qui en compte pourtant beaucoup (de Rone à Aufgang, de Francesco Tristano à Arandel).