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Le Crieur : Revue pour initiés ?

Combat de crabes dans un panier garni.

Par Jean Rouzaud

Après un an d’existence, la revue du CRIEUR, ( qui se voulait un peu une suite de l’œuvre de François MASPERO, éditeur surengagé des éditions et de la librairie du même nom, star gauchiste des années 60 ), lancée juste après sa mort, continue son travail critique.

Sous la houlette de Edwy PLENEL, (ex-trotskiste, ancien du Monde et de bien d’autres groupuscules à casquettes ), grand pourfendeur des réactionnaires, la revue fait ce qu'elle peut… et ses titres dénoncent plus que son contenu. 

Un article sur les NOMINATIONS dans la culture, permet de lire les noms des pistonnés, des initiés, de tous ceux qui font antichambre, des rois du dossier, du couloir et du réseau.  Bon à répéter !

Bien sûr, les politiques ont tenté de mettre la main sur tous les musées, bibliothèques, lieux culturels et autres institutions au cadre flatteur, avec l’échec que l’on sait : des gros salaires, mais pas de culture !

Ils y ont justement nommé leurs amis, potes, parents, afin de contrôler ce domaine incernable et dangereux de l’Art et des idées, avec un résultat nul, fait de conceptuel, de vide, de clinquant (quand les grosses boites du luxe veulent bien jouer les sponsors et payer ces amis « chers », mais bons chiens de garde de la stabilité.)

Egalement dans ce numéro 4, un état des lieux de la « fachosphère », cette droite des écrivains, éditeurs et sites, dont le succès a le don de faire s’interroger le Crieur et ses gauchistes. Un parfum de fascination intriguée égaie cet article, qui se trompe de clivage, a un demi-siècle près ! ( Je pense qu'en 2016, il existe des catégories invraisemblables d'opinions éclatées et presque incrompréhensibles )

Enfin une bonne prise de position sur l’APPROPRIATION CULTURELLE. En image comme en son, trop d’artistes copient, recollent, et s’attribuent les trouvailles, idées, allures, slogans et même les scandales des autres, avec le consentement d’institutions et de foules ignorantes et ramollies par le « tout est dans tout », ou « rien ne se crée, tout se transforme ». 

Sauf qu’on ne transforme plus :  On colle, et on vend. 

J’ai un peu de gène à critiquer cette revue qui pense, et qui dénonce, et qui pointe les irrégularités de notre système à juste titre, mais son côté « initiée » et ses vieux réflexes de correction gauchisante, lui font perdre le côté plus violent et direct , amusant et culotté, que j’ai connu à ACTUEL et LIBE dans les années 70…

 

Revue du CRIEUR numéro 4 . Avec Mediapart et La découverte  editions

160 pages . 15 euros 

(+ bien d’autres articles sur l’insurrection, l’utopie, les patrons, le numérique, la corruption des journalistes, les étudiants, les kurdes)..