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LA PUTE ET LE BÛCHERON

La pute et le bûcheron

Une fable pleine de bons sentiments.

Par Marie Missou

Dans une clairière discrète, au coeur du bois d'Vincennes


Une pute se reposait, le corps en quarantaine


elle puisait dans l'humus, son ami de toujours


la force de donner des orgasmes chaque jour

 

 

Elle entendit d'abord, un bruit dans les feuillages


Puis une barbe surgit, un homme entre deux âges.


La hâche à son épaule, son haleine haletante


Indiquait un bûcheron, pas du genre dilettante

 

 

Une pute, rugit-il, une pute, une pute !


"Exprime toi Meilleur", dit la dame aux plaisirs


Je sens d'ici l'odeur de ton corps qui crie RUT


Pas de chance l'ami, tu devras repartir


La boutique est fermée, ma culotte cad'nassée


Je suis fragile ce soir, tu risques de me casser

 

 

Mais quand l'bûch'ron voulait, le bûcheron avait


Entêté, tête d'ail, s'obstiner il allait


Je payerai, dit-il, rubis sur manucure


tu es la plus belle pute, t'as la plus belle allure


Ici je construirai pour ton corps en jachère


une cabane en bois, un palais pour tes chairs !

 

 

Bâtis mon beau, bâtis ! J''attendrai qu'il soit prêt


Et seulement alors, j'te laiss'rai voir ma raie


Et le bûch'ron coupa, et le bûch'ron hâcha


Et sur deux chênes massifs, son courroux s'excita


Autour de la pute belle, une cabane naquit


Plus qu'un amas de bois, un véritable abri.

 

 

Quant il eût terminé, il prit une seconde


pour reprendre son souffle avant d'se faire la blonde


une seconde fut trop, il s'endormit si sec


une seconde de trop pour les salamalecs

 

 

Emue par tant d'effort, la pute le borda


Sur son corps elle posa des feuilles de son choix


et enfin reposé. Elle retourna au bois.


Quand la pute voulait pas, la pute ne voulait pas