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Ramones : Punk Rock Blitzkrieg

Pieds Nickelés Punks... Marky Ramone balance !

Par Jean Rouzaud

 

Tout l’intérêt de ce gros témoignage est qu’il vient du seul membre du groupe qui a du recul - pour s’en être absenté - et surtout pour avoir joué dans d’autres formations mythiques, avec Richard Hell et Wayne County.  

Car Marc Bell fut le batteur émérite des Voidoids, avec Hell, et aussi celui des Backstreet Boys de WAYNE COUNTY*, superstar à la fois Warholienne et Punk, à qui on doit l’hymne du club Max Kansas city, qui énumère toute les personnalités qui y trainaient. 

Comme tous les gros livres du Rock américain, il est précis, personnel et sur-documenté, et ne cache pas trop de choses, même honteuses.

L’Amérique nous vend ses histoires trash depuis « Hollywood Babylon », le livre de Kenneth Anger, sur le côté obscur d’Hollywood.

Avec les Ramones on est servi : Joey est sale et bourré de tocs, Dee Dee se défonce avec tout ce qu’il trouve et Johnny est un fasciste, raciste, le sergent chef de cette famille Adams du Punk .

Les proto-punks de l’époque, vers 1973, au début du livre, en étaient quand même à écouter le groupe Kiss ou Alice Cooper, le grand guignol du Rock, qui hésitait alors entre Hard et Cirque !

Les New York Dolls, créatures inattendues, vont changer la donne.

Mais avec Suicide, Television, Talking Heads, Patti Smith, James Chance, Lydia Lunch et bien d’autres, c’est une attitude artistique, minimaliste, tranchante, expérimentale qui va l’emporter, pour la plus grande réussite de ce Rock électrique, romantique et désespéré !

Les choix des faux frères Ramones, un faux nom latino, un look perfecto jeans déchiré et basket, des cheveux longs et des morceaux speedés de 2-3 mn, le tout bastonné pendant des années de tournées mondiales, ont fini par les imposer au Grand Hall de la Réputation Rock. 

Ce texte raconte par le menu les aventures de ces pieds nickelés, mauvais coucheurs, voleurs, menteurs, mais fidèles au punk de base.

Après s’être insultés copieusement , ils ne se sont plus parlé, mais ont continuer de jouer partout, pour survivre, sous la baguette de Johnny,  et bien entourés par des êtres exceptionnels comme Danny Fields, héros de la contre culture, qui avait déjà tout vu avec les Doors ou les Stooges 

Les Ramones ont joué leur propre rôle dans le film « Rock and Roll Highschool » du roi des indépendants provocateur :  Roger Corman.

Ils sont fait la même erreur que Lennon en allant chercher le surévalué et armé Phil Spector pour produire un album. Mêmes problèmes, mêmes ennuis et même bide. (Spector est  aujourd’hui enfermé pour meurtre) 

Il n’en reste pas moins que ce livre est truffé de renseignements précieux, de références et de mises au point indispensables à la  compréhension de la culture Rock Américaine.

Merci donc à Marc Bell ( Marky Ramone) pour ce témoignage qui m’a -entre autre - fait redécouvrir Robert Quine, fantastique orfèvre de la guitare avec Television, Voidoids et Lou Reed, trop oublié.

 

 

Punk Rock Blitzkrieg. Ma vie chez les Ramones. De Marky Ramone.

Editions  Rivage Rouge . 400 pages . 24 euros .

 

* Wayne County, déjà travesti, deviendra Jayne County avec son groupe The Electric Chairs à Londres.