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Downtown Manhattan

Downtown Manhattan

1978-1982

Par Jean Rouzaud

Il a fallu un éditeur indépendant - en auto-édition - pour sortir le livre le plus complet sur la NO-WAVE de New York et toutes ses ramifications : Rock, Rap, Disco, Punk, Electro, Latino, Cinema, Arts, Editions, Photos, Magazines et Performances de toutes sortes.

Le Texte Vivant et Publishroom nous livrent « Downtown Manhattan. 78-82, formidablement compilé dans les moindres détails. 260 pages de folie créative, avec à la fin un historique indispensable et une bibliographie totale. 

L’auteur, Christophe DENIAU, gagne a être connu, pour avoir su réunir autant de connaissances sur une période explosive, ultra riche en évènements et ce,  sur plusieurs niveaux et dans des groupes très différents au départ .  

Il a également écrit sur les LIEUX du Rock (édition Le Mot et Le Reste). Mais là, ces 5 années de créativité suractivée à New York, au sud de Manhattan, paraissent irréelles à l’énoncé de tout ce qui a jaillit dans une ville alors en faillite.

Car la plupart des spécialistes parlent ou du Punk Rock, ou de la fièvre Disco, ou des rappeurs naissants, mais pas des bandes qui se sont entremêlées, et concurrencées pour ce résultat, presque aussi fou que les Swinging Sixties de Londres, dès 1963.

Une génération Américaine boostée depuis plus de 30 ans au Rock, Hells et Gangs, magazines et comics, modes, dessins animés, cinéma, évènements violents, puis Vietnam, émeutes, en même temps que Hippies, Psychédélisme, L.S.D et culture Pop et Punk ! Beaucoup vont converger vers la Grosse Pomme ! 

Après Warhol et sa Factory, chacun veut s’exprimer, s’épanouir et liquider les frustrations nées des puritanismes et de l’éducation « Straight ». Comment s’étonner que le Rock se durcisse au CBGB ou Max’s Kansas, que la peinture passe aux mains des Kids de faubourg et qu’une attitude provocante se généralise ? 

A la bande intello de Patti Smith, Richard Hell, Television, Talking heads… vont répondre les desperados : Ramones, James Chance, Lydia Lunch, Richard Kern ( héritiers des NY Dolls et des Cramps ) et tant d’autres, mais aussi les rétros déconnants : Kid Creole, B 52, Blondie,  Klaus Nomi, et les graphistes Keith Haring, Basquiat, Futura

Les lieux évoluent POUR ces bandes : Loft, Mudd Club, Studio 54, Negril, Paradise Garage, Danceteria, Pyramids et d’autres clubs moins connus et très pointus : le 57.

Les galeries tentent de suivre l’explosion de lieux d’expos et concerts comme The Kitchen, PS One. Les grands noms de l’Art : Leo Castelli,  Illeana Sonnabend, Holly Solomon suivent !

Des films se tournent avec Richard Kern, Lydia Lunch, Nick Zedd, et surtout Amos Poe, Jim Jarmush.. ( Steve Buscemi , Vincent Gallo sont déjà là...), héritiers du ciné underground à la Jack Smith, Stan Brakhage, Jonas Mekas, Kenneth Anger, John Waters… Le Hip Hop naissant va aussi donner des images et des films historiques. 

Même les Discos, sous influence Giorgio Moroder, vont faire sauter les codes avec Larry Levan et Frankie Knuckles à Chicago envoyant une onde puissante vers NY.  La musique HOUSE va aussi secouer les têtes et lancer des labels (Salsoul).

Une musique syncopée, Jazzy, Funky va illustrer cette Blank génération passée à la COLD Wave puis NO WAVE ( La compile NO New York, avec ENO aux manettes).

DNA le groupe d’Arto Lindsay, les Contortions de James Chance et Anya Philips, le groupe Gray de Basquiat, ESG (quatre sœurs), Liquid Liquid, Mars, Bush Tetras, Teenage Jesus and the jerks, Walter Steding… Etc.

Musique innovante, syncopée, bruitiste, déstructurée, improvisée… (Captain Beefheart avait ouvert une porte, restée entrouverte)

Tous ces avant gardistes n’ont pas oublié Alan Vega, La Monte Young ou James Brown. Le Label Celluloid va tenter cette offensive, avec Tuxedo Moon, Cabaret Voltaire, et même Throbbing Gristle.. puis Material, Suicide avec ZE records…

Plus tard ce sera Nick Cave avec Birthday Party ou Thurston Moore avec Sonic Youth qui se souviendront de la leçon.

L’aventure Hip Hop, Break, Tag, Rap, Graffiti est aussi brossée en détails: de GrandMaster Flash à Afrika Bambaata en passant par Fab Five Freddy et les innombrables participants aux Sound Systems (amenés par le Jamaicain DJ Kool Herc)…

Christophe Deniau a vraiment TOUT retrouvé et épluché de cette période folle. Il se permet même de raconter la genèse de cette fusée (73-77) et sa chute…

Bref ce livre est donc la BIBLE de cette période à la limite du vraisemblable, de cette cité qui pendant cinq ans va vivre au rythme de la musique de la culture, des idées et des inventions plastiques de toute une faune New Yorkaise, déjà passée au tamis des années 60 et 70, puis enrichie à l’uranium Punk .

Quand on pense que ce PIC de civilisation était considéré par les médias comme l’agitation fiévreuse de bas quartiers réputés dangereux !!!

 

 

Downtown Manhattan . 78-82 . De la No Wave aux Dancefloors. 

Par Christophe Deniau . Editions  Le Texte Vivant by publishroom.

260 pages .  + Un historique et une bibliographie complète . 20 Euros