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Anselm Kiefer, peintre de la guerre

Anselm Kiefer, peintre de la guerre

Pangermanisme et expressionisme.

Par Jean Rouzaud

 Le monde de l’Art cherche toujours à alambiquer les démarches picturales, faisant tout passer à la moulinette du concept, des références, des gesticulations intellectuelles, à tel point que la peinture – notamment – a failli mourir d’être occultée par ces brigades du non-art, du post-art et autres foutaises… 

La confrontation aux « Arts plastiques », je dis bien : tout ce qui utilise forme et couleur, matériau et support, lumière, volume, langage pictural et perspective, au grand dam de tous les ignares qui ont frénétiquement voulu dématérialiser l’Art et en faire un objet purement  intellectualisé, théorisé… cette confrontation donc, avec les œuvres, oblige ces post modernes à ratiociner, par incapacité de VOIR.

Et justement, les « grands » peintres reviennent toujours avec des œuvres fortes, saisissantes par leur plastique , et qui pourraient se passer de tout discours. Anselm Kiefer me semble-t-il, est de ceux là (même s’il cède, pour la renommée, aux trompettes bouchées des conceptuels… qui font du vent autour de lui …) réaffirmant, dès les années 80, un Art "allemand" (avec Baselitz, Immendorf, Richter, Polke, Penck, Lupertz, par exemple). Des neo expressionnistes pour certains.  

 

D’ailleurs il cite Kaspar Friedrich,  les Nibelungen,  Dürer, Siegfried et marche quelque temps dans les pas de son  premier maitre : Joseph Beuys . 

Alors ? …Alors la peinture de Kiefer ressemble plus à Wagner qu’à Lully, à Beethoven ou Bach qu’à Offenbach ou Ravel, et qu’il va bien falloir prononcer les mots « allemands » , invoquer Thor, Parsifal ou l’esprit de la forêt, pour évoquer le style des objets géants qu’il propose. 

 

 

A l’heure de la mondialisation, et même s’ Anselm Kiefer a voyagé en Inde ou en Israel, l’esprit des peuples demeure et demande à être écouté tel qu’il est.  Pourquoi ce peintre, considéré comme un "poids lourd" ( ! )  de l’Art contemporain veut -il tant nous impressionner ? Pourquoi peint-il des ruines ou des étendues désolées de champ de bataille ?

 

 

Pourquoi fabrique -t- il des livres géants en feuilles de plomb ?  Pourquoi évoque-t-il la mort ?  

 

Ne pas répondre serait le mieux pour laisser résonner ces coups de marteau.

 Pour ne pas conclure, un poème :

les héros et les dieux 

de la mythologie

les faunes et les nymphes

féérique sarabande

les lutins et les rois  

a l’aube de l’enfance

corps nimbés d’une aura irréelle

l’ombre des nuages plus blanche 

l’essence intime des choses 

la gloire de la disgrâce

(Gérard Berréby)

 

J’aurai pu aussi citer un passage de « Nord » de Céline, mais il vaut mieux voir en direct les œuvres de ce peintre .

 

ANSELM KIEFER . Rétrospective au centre Georges Pompidou . Jusqu’au 18 Avril