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Jamaica Gold

Jamaica Gold

Quand Kingston était cool.

Par Jean Rouzaud

La Jamaique  et les Caraibes en général , sont une mine musicale quasi inépuisable.

Le label Soul Jazz ne s’est pas privé de sortir de nombreuses compilations, qui exhument les trésors passés. Cette fois 1960 – 1962 !

C’est la bande d’ex jazzmen, ex fanfare, futur Skatalites et consorts, avec des traces de Mento et Calypso : Don Drummond, Owen Gray, Clancy Eccles, Millie, Roland Alphonso, Ernest Ranglin, …Tous nés dans les années trente et quarante.

Les producteurs comme Leslie Kong, Duke Reid, Vincent Chin, Prince Buster , puis Bunny Lee et même Chris Blackwell vont se les partager … Mais c’est l’inénarrable Clement Dodd, alias Sir Coxsone et son futur Studio One qui vont rafler beaucoup de ces talents.

Le triple album, intitulé « Coxsone’s Music . The Downbeat 1960-62 » montre bien la charnière entre les radios américaines, très écoutées en Jamaique avec du Jazz, du Be Bop, des chœurs, du neo Doo Wop, et des  ballades en slow Rock…Mais déjà le rythme proto-Ska, une sorte de pompe, avec un contre-temps, ou un effet de « delay », annonce la touche «  made in Jamaica ».

Ensuite on se laisse couler dans une ambiance Beach and Palm Tree, à la limite une musique de club, pour danser. Et tandis que l’Europe s’essaie au Madison, Monkiss, Hully Gully et autres Mashed Potatoes, la Jamaique peaufine son contre-temps, qui finira en best seller mondial sous l’appellation Rock Steady, puis Reggae.

Sur cette triple compilation, beaucoup de cuivres, passant du jazzy au Rock de surprise party : on pense à Neil Sedaka, Fats Domino, Louis Prima… Mais le « smooth »des îles et les voix voilées, légèrement plaintives des afro-jamaïcains ajoutent une couleur plus crue et un rythme plus profond.

Justement ce Down Beat qui va devenir Blue Beat. Mais toutes ces appellations ne sont là que pour mémoriser et différencier les nuances, d’année en année.

Et comme partout, lorsqu’un coin du monde tente de reproduire les tubes d’un continent dominant, il finit par déformer et s’approprier ce « main Stream » étranger et en faire une fusion a sa sauce, à la limite d’un tout nouveau genre !

Télescopage d’époques : de Jazz allégé ( 1940), permettant de danser, de Slow Rock très suprise-party  (1950) et disons de Pop Caraibe (1960). 

Les racines des cultures sont souvent tortueuses et celles de Jamaique sont très américaines…American Roots et African culture . Ca a commencé comme ça.

 

 

The first recording of Sir Coxsone.The Downbeat 1960- 62. Triple CD . Soul Jazz