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La petite histoire du Poppers

Flacons & vapeurs.

Par Jean Morel

Depuis 2013 le poppers fait un retour en force en France, commercialisé jusqu'aux bureaux de tabac directement. Il avait pourtant été d'abord interdit en 1990 par un premier décret concernant certains poppers contenant des nitrites de pentyle ou de butyle. La mesure a été étendue onze ans plus tard aux autres formes d'alkyles (nitrites d'amyle ou de propyle) en raison d'un "risque de pharmacodépendance ou d'abus". Il y a deux ans, Le Conseil d'Etat a annulé l'arrêté interdisant la commercialisation de cette substance euphorisante en arguant qu'aucune étude scientifique ou enquête produite n'ait pu permettre d'établir que les nitrites d'alkyle contenus dans les poppers présentent un risque de pharmacodépendance ou d'abus.

Inhaler du poppers apparaît donc aujourd'hui à la fois comme quelque chose de banal mais aussi d'un peu vintage et passé à l'heure où la MDMA est devenue reine.

Retour sur l'histoire de ces petites flasques à sniffer.

Ses premières utilisations remontent en 1800, à l'époque un physicien écossais utilise ces nitrites afin de soigner des angines, puis les maladies cardiaques, en misant sur la dilatation des artères. Mais les effets secondaires, notamment ce TERRIBLE mal de tête, le fit passer au second plan.

C'est lors de la guerre au Vietnam que ces vapeurs se refirent une santé. A la recherche de toutes les drogues possibles et imaginables pour oublier l'enfer qu'ils vivaient, les GI's se sont en effet tournés vers le poppers (mais aussi vers l'opium, les amphets et l'héroïne) pour des raisons simples : sa légalité et une supposée qualité d'antidote contre les fumées des armes.

A leur retour, il leur fut impossible de laisser tomber ces petites bouteilles. Elles devinrent disponibles partout, avant qu'elles ne soient rendues accessibles sur ordonnance uniquement en 1969.

Dès lors l'entourloupe fut de les reproduire sous l'étiquette de parfums d'intérieur, « room odorisers » pouvait-on ainsi lire sur les bouteilles que la mafia répandait partout, avec un coup de com' de génie de la publicité dans la presse gay, affirmant que le sexe et le poppers était l'adéquation ultime.

En 1974 le poppers devint ainsi omniprésent dans les sphères gay, bars, boites, bains, chambres. Peu cher, facile d'accès, les bouteilles se retrouvent sur les pistes de danse, passant de main en main. Quelques club le diffusait même via la clim. Après tout - « Parfum d'intérieur » stipulait la bouteille… 

 

C'est cette sur-consommation qui a entraîné les premiers accidents, mineurs d'abord (chute de tension, nausées, pertes d'équilibre), puis des cas cliniques transformés en légendes urbaines, (perte de la vue etc). Des études l'associèrent aussi au syndrome de Kaposi, une tumeur liée à une infection par un virus qu'on l'on appelle aussi herpèsvirus humain de type 8 - ce qui vous donne une idée du fun que cela peut représenter.

L'âge d'or du poppers semblait révolu. Mais aucune mode ne connaît pas de revival : retour sur les dancefloors dans les années 90 donc, et partout dans les raves, permettant notamment de prolonger les effets d'autres drogues… Jusqu'à aujourd'hui où vous pouvez vous les procurer avec un Banco, un paquet de chewing gum, et deux paquets de clopes. Et où vous pouvez vous délecter de scènes de plan à trois sous poppers dans Plus Belle La Vie.  


Plus belle la vie choque les spectateurs avec une scène de sexe à 3 impliquant des poppers

Via Dazed Digital