Aller au contenu principal

Edwige

Etoile Parisienne

Par Jean Rouzaud

Apparue comme une comète vers 1976, Edwige, qui allait devenir la Reine de Punks, fut un oiseau de nuit, une égérie unique, une personnalité à part . 

Elle vient de nous quitter à New-York où elle vivait depuis 30 ans. 

Après le Sept ( le premier club de Fabrice Emaer avant le Palace), le Gibus ( éternel club punk rock à République), le Tango (club world de  Serge Kruger). 

Edwige devint vite la Doorwoman du Palace, des Bains etc..

En réalité son physique de grande nordique, son élégance naturelle et son côté garçon avaient fait d’elle la silhouette la plus remarquée des fêtes parisiennes. Longues jambes de rockeuse, cheveux en brosse carrée de Punk Chic, boots et T- shirt elle était déjà internationale, inclassable. Elle fit les défilés de Thierry Mugler, Jean-Paul Gaultier, Claude Montana etc… Et des tonnes de photos. 

 

 

 

Puis, avec Claude Arto aux synthés, ce fut Mathématiques Modernes, groupe Disco Punk, sur le Label Celluloid (qui eut aussi Jacno) relié à ACTUEL et NOVA par Jean Georgarakos, ami de longue date de la maison et premier créateur du Actuel 67-69, pop folk jazz…Et du label BYG Actuel.

Le single Disco Rough , produit par Jacno fut « single of the week » du NME.

 

 

De même que BYG avait eu Gong (Robert Wyatt) et Magma , celluloid à New York eut Lydia Lunch, Residents, Soft Cell, Alan Vega, James Chance, Tuxedo Moon… (et tous les grands blacks : Mory Kante, Salif Keita, Fela, Last Poets...)

Les français étaient de grands découvreurs et avaient repris une longueur d’avance sur les US – UK. Edwige l’amazone avait rejoint naturellement cette galaxie de têtes chercheuses, et de branchés tous azimuts. 

Le documentaire produit par Agnes B : « Les jeunes gens modernes » qui va sortir en DVD, montre the last Edwige, en femme mûre aux cheveux châtains et voix cassée , toujours aussi chic, un poil désabusée par son statut d’icône, déplorant le politiquement correct qui a tué la grosse pomme. 

Dommage qu’Edwige n’ait pas laissé plus de sons, d’images, d’Interviews, le cinéma n’a pas su capter cette fille trop garçon et trop rapide pour son rythme commercial mou, toujours en retard d’un wagon. 

Ps : je n’ai jamais su si elle s’appelait Gruss ou Belmore, ou… ?