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ESTO ES LO QUE HAY

Esto es lo que hay

Au moment ou le régime Castriste se fissure, où en est Cuba ? Un documentaire sur des stars du rap local répond.

Par Alex Masson

Allez soyons honnêtes: qui a déjà entendu parler de Los Aldeanos en France ? Personne ou presque. A Cuba, ça fait bientot douze ans que ce groupe de rap est une figure de la culture locale. "Aldo" Roberto Roridguez Baquero et Bian,"el B" Oscar Rodriguez Gala sont des stars. Si tant est que cela puisse exister au pays de Castro.

De La Havane à Guantanamo, les mômes reprennent tous leurs refrains, mais à force de faire siffler les oreilles du pouvoir, celui-ci fait claquer sa censure sournoise: Los aldeanos ont le droit de rapper, mais pas de se produire en concert n'y d'aller porter sa parole à l'étranger.

Alors, ils racontent dans leur flow la réalité de Cuba, la façade du régime castriste et ce qu'il se passe derrière pour la population. Des morceaux qui ne demande pas à ce qu'on renverse le régime, mais à ce qu'il écoute un peu plus les cubains. Critiquer avec lucidité plutôt que lancer des cocktails molotov et appeler à l'insurrection.

 

 

A force de popularité gagnée à coups d'albums et clips autoproduits, distribués sous le manteau, ou d'une réputation qui grimpe sur Internet, ca a fini par payer : Aldo et El B ont fini par être autorisés à une tournée de concerts à l'étranger. Léa Rinaldi, documentariste qui les suivait depuis plusieurs années fait partie des bagages.

Parcourant de 2009 à 2015, Esto es lo que hay filme autant le groupe, ses enthousiasmes et désillusions que Cuba qui change peu à peu, n'a plus le choix que s'adapter à un monde qui évolue.

 

Fidel  Castro a passé la main à son frère Raul, qu'est ce que ça change ? Comment la transition entre le lider maximo et son successeur se passe ? Il est trop tôt pour avoir les réponses, mais Esto es lo que hay, lance la piste d'une seconde révolution, culturelle, cette fois-ci.

Rinaldi prenant le soin de suivre les enseignements des chansons de Los aldeanos: elle filme autant leur coups de gueule que leurs contradictions. Ou tourne son film à la cubaine : sans autorisations, avec les moyens du bord, l'intuition et l'énergie des milieux undeground.

Esto es lo que hay peut se traduire à la fois par "Regarde ce qu'on a" et "On fait avec ce qu'on a". Ce documentaire, entre Mala Vista Social Club et Spinal tap (quand le groupe dans sa tournée connait quelques déconvenues) se demande avec quoi va faire Cuba dans les temps à venir...

 

En salles le 2 septembre