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Anaconda version activiste

Sofia Ashraf met l'entreprise Unilever au pied du mur.

Par Estelle Honnorat

"Anaconda", quand tu nous tiens tu ne nous lâche pas. Lorsque le tube reptilien de Nicki Minaj a fait le tour du monde l'année dernière, il a aussi serpenté à travers la petite ville de Kodaikanal dans l'état de Tamil Nadu dans le sud de l'Inde. Et la rappeuse activiste Sofia Ashraf a aujourd'hui décidé d'acérer son flow pour mettre au pied du mur ceux qui faisaient sourde oreille : les dirigeants du géant Unilever.

Lorsque l'on va sur la page française du site de l'entreprise, on pourrait difficilement se douter que derrière ces sourires et ces logos Colgate, les dirigeants d'Unilever cautionnent les politiques menées par leurs "ressources humaines". Difficile de croire qu'il y a 14 ans à leur départ, leurs homologues responsables du site indien aient laissé une ville entière baigner dans des eaux et marcher sur des sols contaminés au mercure. Déversé par leur usine de fabrication de thermomètres, le produit a déjà tué 45 des anciens travailleurs de la fabrique tandis qu'une grande partie des survivants est toujours infectée. 12 enfants des anciens employés seraient aussi morts suite à la catastrophe sanitaire selon le New Indian Express. Et pourtant, le PDG d'Unilever alias Paul Polman qui a été sommé de rendre justice au peuple intoxiqué en leur accordant une aide financière et en nettoyant leurs terres n'a pas encore répondu de ses actes. L'impact environnemental de la fermeture du site n'aurait, selon un communiqué publié la semaine dernière par la multinationale, pas été correctement évalué par les entreprises indépendantes qu'Unilever a employées à l'époque. En attendant, le Community Environemental Monitors (CEM) a publié plusieurs rapports détaillés faisant état des lieux de la contamination de Kodaikanal depuis avril dernier. C'est d'ailleurs dans ce cadre que Sofia Ashraf, à 27 ans, a décidé de faire échos au projet pour défendre son peuple. 

Nom d'un serpent, faites tourner cet "Anaconda" !

Ce n'est pas la première fois que les textes de la rappeuse frappent et dénoncent les déboires des industries usinières. En 2008 elle avait appelé Dow Chemical à rendre compte de son implication dans le désastre de Bhopal en 1984. La vidéo de "Don't Work For Dow" est par ici