Aller au contenu principal
Les gourous du Reggae

Les gourous du Reggae

Saint Mento et Ska sacré.

Par Jean Rouzaud

Je ne vais pas vous re-infliger l’histoire du Rastafarisme, pour cela il vous suffit de lire le merveilleux livre d’Hélène Lee «  Le Premier rasta » sur Leonard Percival Howell, le seul prophète-historien-activiste (et martyr).

Mais par contre , avec la sortie d’une étrange sélection de musiques « allumées », on peut se demander si cette ultime religion de l’humanité, née dans les années 30-40, n’a pas finalement donné à un peuple doué pour la musique, une sorte de PLUS ? Car si le dernier empereur d’Ethiopie, Hailé Sélassié n’était pas un Dieu, par contre la musique qu’il a inspiré aux jamaïcains, elle, est assez divine. 

Un peu comme les hippies californiens qui se sont « aidés » avec le LSD, Jésus ou même Satan, le cosmos, et surtout l’Hindouisme, puis le Bouddhisme, les jamaïcains ont trouvé une nouvelle bible noire, avec la Reine de Sabba, le Lion de Juda, les  guerriers Nyabinghis… En route vers le mythe. 

Soul Jazz Records (encore eux) sortent donc 20 titres intitulés : RASTAFARI . The Dreads enter Babylon 1955-1983, avec des pointures du genre COUNT OSSIE, LAUREL AITKEN, MUTABARUKA (dont l’émission afro centriste quotidienne en Jamaique avait pour jingle un bruit de scie qui  tranche une bûche de bois !!!). Bref, un morceau d’anthologie (comme on dit) , ou les voix sentencieuses et les tambours africains ( BATA ou NYABINGHI, c’est la même magie) ont la part belle. 

Sons ROOTS, sourds et crus, voix inspirées, nappes de cuivres clairs et d’orgues  souterraines… et des morceaux étonnamment très différents : on pense à Cuba, avec des détours Calypso et des retours Yorubas, on flirte avec Mento, Ska, et par moment on se croirait dans un club exotique des années 50, aux Caraïbes !

Et bien sur des accords Reggae glissants à contre temps ( ou double temps), planants, parfaitement adaptés à ces prières chantées, rythmant nos propres battements de cœur, entrainant nos esprits, entre les silences recueillis.

 On trouve aussi des SPEECH, entrecoupés de saxos, aussi free que les sentences. 

 Enfin un Super livret de 40 pages avec un résumé parfait de cette histoire de Rastafarisme entre 1930 et 1980, illustré de documents noir et blanc ET couleur sur ces groupes, d’obédience de plus en plus Rasta.

 

  • _RASTAFARI . The Dreads enter Babylon . 1955 -1983 . Soul Jazz Records
  • CD de 20 titres, avec livret historique de 40 pages, illustrées de photos rares . 
  • (*Sortie le 28 aout )