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SUMMER

Summer, l'érotisme diffus

Et si les amours d'été faisaient décoller pour la vie ?

Par Alex Masson

A quoi rêvent les jeunes filles en fleur aujourd'hui ? Peut-être bien à prendre leur envol. C'est littéralement l'envie de Sangaïle, une jeune lithuanienne qui rêve devant les meetings aériens, fascinée par les avions.

Elle a la tête dans les nuages mais les pieds trop ancrés dans le sol. Auste, une autre ado va essayer de la faire décoller, non seulement en lui faisant gagner un baptême de l'air, mais en flirtant avec elle, et plus si affinités.

Forcément, il y a de quoi comparer Summer à La vie d'Adèle. Sauf que si les thèmes sont proches (notamment l'émancipation) les deux films n'ont pas grand chose à voir. Alante Kavaité est plus délicate dans l'approche que Kechiche.

Pas de flots de flux corporels dans Summer mais quelque chose de plus vaporeux, de plus caressant. Un érotisme plus diffus, un rien diffus comme une mise à jour des l'univers d'un David Hamilton: un sens de l'évanescence jusqu'à être en permanence aérien. Un film qui prend l'AIR jusqu'à avoir fait appel à JB Dunckel pour en composer la musique.

 

 

Summer revient parfois sur Terre, par exemple lorsque la mère de Sangaïle pleure sur ses années de danseuse de ballet, qui ne sont plus qu'un lointain souvenir. Mais c'est pour mieux pousser, même maladroitement sa fille à ne pas passer à côté des expériences, de sa vie.

C'est bien d'horizons dont il est question ici, ceux que cette fille n'ose pas encore embrasser comme ceux d'une Lithuanie quasiment pastorale, dorée au soleil estival. Une douceur qui se propage aussi dans la relation entre Sangaïle et Auste, toute en fluidité, en simplicité.

Il y a évidemment des plaies (Sangaïle a une facheuse tendance à se scarifier) mais il n'est question que d'apprendre à les cicatriser. Summer le fait avec tendresse, la même que celle des journaux intimes qu'écrivent encore les adolescentes, encrées de naîveté mais avec une telle sincérité.

Summer repousse d'autant la mièvrerie en laissant planer un peu de mystère autour de ses héroïnes; laisser des choses en suspens à la fin. Sangaïle et Auste auront fait un bout de chemin entre temps mais désormais, le film peut les laisser partir, elles ont leur vie à prendre en main. 

 

 

En salles le 29 juillet