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Pour en finir avec Tarantino

Pour en finir avec Tarantino

Retour sur un film suédois cruel.

Par Jean Rouzaud

Au début des années 70, BO ARNE VIBENIUS, un réalisateur suédois de trente ans réalise un film d’action étrange, avec des inserts pornographiques, et une jeune fille comme héros.

Cet ovni a plusieurs titres : « Thriller », « Un film cruel » ou encore «They call her one eye » pour la version américaine, et « Crime à froid » pour la française. Il est réédité chez Bach Films…

CHRISTINA LINDBERG en est l’actrice principale. Elle est l’héroïne nordique de films pornos soft, avec un corps de statue sur un visage d’enfant. Une carrière éclair pour une fille à part. Dans « Thriller », elle est enlevée, droguée, séquestrée, violée, prostituée et en prime, son bourreau lui crève un œil ! En fuite, elle va apprendre art martiaux et maniement des armes…Pour une vengeance ou pas mal de voyous vont y passer.

Ca ne vous rappelle rien ? C’est la trame de base de Kill Bill, car le fureteur, magasinier de vidéos série Z, Quentin Tarantino avait repéré cette perle sans concession, dans la lignée de « Faster Pussycat Kill Kill » de Russ Meyer, ou la belle fille cogne et tue . 

L’Amérique en général a beaucoup recyclé des créations européennes, allant de la littérature, contes, légendes, histoire, mais aussi peinture et architecture, ou même des inventions comme le cinéma ou la carte à mémoire et tant d’autres trouvailles.

« Ex nihilo nihil », disent les savants, et la foule enchaine : « Tous les créateurs s’inspirent de quelque chose ! » Irréfutable ? NON . Un créateur sans peur et sans reproche ne craint pas de citer, de rendre hommage, d’honorer ses maitres ou ses muses 

Devoir de mémoire, comme on nous le rabâche ? Pourtant sur internet, le suédois Vibenius n’a droit qu’à une ligne et ses films sont strictement inconnus.   

Et à « Kill Bill », on parle bien d’hommage au cinéma de Hong Kong, car BRUCE LEE est incontournable, et ses tenues, son survêt jaune et noir.. mais la pauvre Christina Lindberg, malgré son bandeau sur l’œil, son maxi cuir et ses flingues, n’est jamais évoquée. 

Personnellement j’aime bien savoir d’où viennent les choses, et j’ai une passion pour les originaux, les « versions originales » comme en musique. J’aime moins les « covers ». "Mieux vaut s’adresser au bon dieu qu’à ses saints" dit un proverbe.

Et vous qu’est ce que vous en pensez ? 

THRILLER  écrit, produit et réalisé par BO ARNE VIBENIUS, avec Christina Lindberg 1974.

Réédition par BACH FILMS  . 107 mn . Couleurs,  avec VOST suédoise ou anglaise + Version française . +  Jeu de photos, bonus et ITW de l’héroine.