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Non aux icônes US de l'art !

Non aux icônes US de l'art !

Américains oui, mais pas de premier choix.

Par Jean Rouzaud

Notre Grand palais vient, par accords interposés, d’hériter d’une collection d’art très politiquement correcte. Et comme aujourd’hui il faut des titres frappants aux expos (!) alors, allons y : « ICONES AMERICAINES ». Rien que ça .

Enfin, à côté de Jean Paul Gaultier, ça sent les fonds de tiroirs, les redites à tout va, et l’œil coincé dans le rétroviseur. C’est il y a 40 ans qu’il fallait parler de JPG le faux « enfant terrible » de la mode. Désolé, mais ces institutions toujours en retard de dix wagons, c’est épuisant.

Quant à ces icônes américaines, elle sont le fruit trop réfléchi de tout ce que l’Amérique nantie compte de cul serrés, de faux intellos, de faiseurs et surtout de valeurs dites « sûres », indexées aux dollars d’acheteurs ultra complexés, qui croient se refaire une culture en achetant des tableaux froids, très "bon chic bon genre". 

Avant tout des toiles qui vont bien dans tous les styles, californien ou bostonien, et que le décorateur capricieux honorera toujours d’une bonne place dans le séjour du riche client, histoire d’en rajouter dans un goût très « indiscutable »… et d’un coût très élevé. Qui a décidé que les étagères et autres tiroirs d’un Donald Judd, magnifiquement minimalistes, étaient de l’Art ? En quoi ces véritables étagères en métal nous ont elles enrichi ou approfondi ? Allez voir les images et répondez honnêtement.

 

 

En quoi les tristes néons de Dan Flavin améliorent-ils nos vies ? Même s’ils ont fait la joie des décors New Wave de quelques bars branchés. En quoi les gribouillis de Brice Marden ou les graffitis de Sy Twombly ont ils révolutionné quoi que ce soit ? Minimalisme encore, vagues citations d’artistes plus connus… 

Bien sur il y a  Alexandre CALDER, Roy LICHTENSTEIN et ce pauvre publicitaire un peu affairiste que fut Andy WHAROL, boosté par un entourage de vrais fous, de faux masos, d’excités par les amphétamines et l’IDEE de star. Un bande de maniaques intéressants , qu’il a su regouper et exploiter.

Mais, en dehors de ce Pop Art (inventé par des anglais excellents et jamais cités), l’Amérique s’est vengée de la suprématie européenne de l’ART MODERNE de 1900 à 1945, en abusant du MINIMAL. Un art du peu, du rien, du glacé, de l’industriel (post Pop), avec pour seul obsession une sorte d’INVISIBILITE, d’ultra discrétion, comme une honte des couleurs, toiles, matériaux… Une « rupture » comme on dit.

Seul alibi : Marcel Duchamp l’a fait avant. Mais Duchamp le renard était jaloux des grands peintres (Picabia, Léger, Dali.. ) et il l’a dit ! Et en plus il aimait à se jouer de ces naïfs amateurs américains qui appelaient « Art » tout ce qu’il ne comprenaient pas. 

Une aubaine où tout et n’importe quoi peut s’exposer, et dont nous souffrons encore, un siècle plus tard exactement.

  

ICONES AMERICAINES . Grand Palais . jusqu’au 22 Juin .