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Hervé Télémaque, pop français

Le retour de la figuration narrative ?

Par Jean Rouzaud

Il est bon de avoir que le POP art français, passé par les appellations de NOUVEAU REALISME ( Arman, césar, Ben …), puis FIGURATION NARRATIVE ( Rancillac, Arroyo, Erro, Fromanger…) a souffert de son intellectualisme et même de ses engagements politiques.

Et les américains ( bien que le POP soit né en Angleterre) assuraient leur succès avec des emblèmes fortes et simples, sans aucun scrupule (les drapeaux de jasper Johns, Les B.D. de Roy Lichtenstein, les séries de Wharol : boite de lessive, soupes, stars..)

Et voilà comment une école en éclipse une autre à l’échelon international . Mais on assiste, entre vente et expos, à un come back (!) de nos Pop figuratifs français ! ( Niki de St Phalle, Martial raysse, Erro…)

HERVE TELEMAQUE, d’origine haïtienne, est arrivé à paris en 1961, après 3 années à New York . Devant sa fantaisie tropicale, les surréalistes veulent accueillir ce peintre des objets détournés, des associations étranges…

 

 

Car la peinture de Telemaque est unique, avec un graphisme fin, une gamme de couleurs gaies mais raffinées, figurative avec une touche abstraite, faite d’objets volants non identifiés, comme récupérés.

Ces « Mythologies quotidiennes » qu’il présente dès 1964, ont déjà une côté critique, flirtant avec la contre culture. Avec Telemaque on parle de négritude, d’anti colonialisme, de dessin  « ligne claire » , de ready made… On est un peu perdu devant ces baskets, slips, tentes de camping et autres Mickey flottant dans les airs.

 

 

Cette simplicité, cette franchise, ce côté rêveur, parfois enfantin, mais compensé par un sens de l’équilibre, de la composition, des masses et des traits habiles et nets, redeviennent aujourd’hui rafraichissants, face aux  neo POP « bling « , ou aux conceptuels retors et chiants.

Bien qu’à mon avis injustement méconnu, rassurez vous, ce cousin haïtien doué  est quand même une figure  de l’art contemporain, et s’il est irrespectueux et même un peu « déconneur » ou bizarre dans son œuvre, c’est justement ce qui fait sa valeur d’artiste « espiègle », dans la lignée de Marcel Duchamp, mais en plus gai . 

HERVE TELEMAQUE. Centre Pompidou . Du 25 février au 18 mai .