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Dans les Oreilles de... Lafesse

Dans les Oreilles de... Lafesse

Les oreilles de Lafesse, c'est la porte ouverte à une tonne de mauvaises blagues, que nous ne ferons pas. Non.

Par Adrien Gingold

 

Ancien animateur de la mythique et éphémère radio Carbone14, et ancien de la maison Nova, Lafesse a toujours su se servir de ses oreilles. Le roi des canulars se livre sur ses accointances musicales au micro de Radio Nova, et plus particulièrement d'une certaine Isadora Dartial. Qui a toujours aimé Lafesse.

 

Plongé dans ses souvenirs d'enfance - qui, n'exagérons rien, ne sont pas si lointains que ça non plus, Jean-Yves fronce les sourcils... Son père écoutait beaucoup de jazz à la maison : Charlie Parker, John Coltrane... "Attends non, je me souviens des espèces de basses tourbillonnantes... Ca devait être Ron Carter".

 

Le premier 45 tours de Lafesse ne sera pas vraiment acheté. Il sera volé. Mal ! Et par lot, en plus : Simon & Garfunkel, "Bridge Over Troubled Water", Jimi Hendrix, "Crosstown Traffic" et John Drummer's Band, "Nine by Nine". La petite fesse n'a alors pas plus de 9-10 ans.

 

 

 

Le pré-ado Jean-Yves a un appareil photo et il adore prendre les trains en photo. Il aime également le son des trains, des gares, des voies ferrées. Les musique qu'il écoute confirment : "Different Trains", du Kronos Quartet. "J'adore les trains, j'ai du passer le quart de ma vie dans les trains".

 

Il bosse en tant que saisonnier, et dilapide sa paye en disques de jazz. Il est fan de sons nouveaux, de défricheurs. "J'ai beaucoup de mal à adhérer aux musiques de gens qui déclinent des choses que je connais déjà. Par exemple, ce soir, je vais au concert de Mötorhead ! (il se marre) J'aime avant tout les pionniers".

 

Tony Williams et son groupe Lifetime seront un tournant dans la vie musicale de Jean-Yves Lafesse. "Un groupe mythique pour moi. Tony Williams a inventé, mais a aussi influencé des musiciens qui ont pris le train (tiens tiens, comme par hasard...) en route avec lui".

 

 

Le Roi du canular se révèle très sérieux lorsqu'il s'agit de musique. Un vrai passionné. Un vrai connaisseur, aussi. Il cite le "Psyché Rock" de Pierre Henry comme un grand classique, un morceau qui le fait voyager. Il voit les musiciens comme des gens atypiques, qui voient et expriment des choses différentes du commun des mortels.

Je lui ai échangé ma montre de baptême contre un  buvard ! L'acide a duré 48h

Il est très fan de "musique froide". Mais aussi du chanteur breton Renaud Detressan et de son "On est comme on est". Lafesse s'avoue un côté très midinette... Le titre qu'il a le plus écouté dans sa vie ? Les Stones, "Mother Little Helper". "Ah je l'ai réécouté hier d'ailleurs ! Hier matin!". Il est d'ailleurs un très grand fan des Stones, "dont pas mal d'album ont la vertu de ne pas vieillir, de traverser le temps".

 

 

 

 

"J'en ai vu des concerts ! Oh mon Dieu ! Mais vers 10-11 ans, y avait du catch, et j'ai vu à la mi-temps les Fantômes, Total Issue, Triangle... Les faiseurs de tubes français ! Mais sinon, à 17 ans, Canned Heat. Le concert qui m'a le plus marqué de ma vie. A l'époque, j'avais quitté le lycée et j'avais déjà pas mal bourlingué. Canned Heat, c'est quand même "On the Road Again"! Donc il est 16h, et là les types du concert affichent un panneau : "Le groupe est bloqué à la frontière, le concert est repoussé à minuit. Lafesse décide d'attendre. Un type s'approche, il vend de l'acide ; des buvards. Mais moi j'avais pas une thune ! J'avais que ma montre de baptême. Alors je lui ai échangé ma montre de baptême contre un  buvard ! L'acide a duré 48h. Ils ont joué jusqu'aux premiers métros ! Tout le monde était debout sur la scène et dansait!".

 

Une dernière confidence ? Allez. Lafesse est scotché par Boy George. Oui : Boy George colle des frissons à Lafesse. Faudra lui rappeler la prochaine fois qu'il ira emmerder une petite vieille dans la rue.

 

Comme tous les comiques, Lafesse est évidemment un grand sentimental. Il termine en nous surprenant: "j'aime bien les textes d'Orelsan. Je trouve que ça balance et s'il est honnête, c'est fort ce qu'il dit. Ca me rafraîchit les oreilles. (...) On n'est qu'au début de la musique. Rien n'a encore été fait!".