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Cinéma Indien non végétarien

Cinéma Indien non végétarien

Satyajit Ray, le « Mankiewicz - De Sica – Renoir »... Hindou !

Par Jean Rouzaud

Grace à la réédition, des premiers films de SATYAJIT RAY on peut voir – à côté des chefs d’œuvres reconnus : « Le salon de musique, « Le monde d’Apu, « La déesse , - se former la méthode , la construction et la façon de tourner, de cadrer …d’un génie du cinéma.

Avec ces 3 historiettes, volontairement réduites : Le Saint , Le héros , et La grande ville, l’esprit de Satyajit Ray est déjà à l’œuvre. Unité de temps et de lieu, une intrigue simple au départ , mais finalement porteuse des méandres et revirements de l’âme humaine. 

Ces contes du passage au monde moderne de l’Inde traditionnelle semblent vouloir donner une morale, mais bien souvent l’histoire n’a pas de fin…Elles sont un moment de la vie, flirtant avec la  tragi-comédie. 

Bien que se situant après le départ des anglais, Ray se moque des indiens qui singent encore leur ex - colonisateur , rivalisant de « bonnes » manières et de minaudages  bien-pensants. 

Mais il se moque AUSSI des traditionalistes et des dévots puritains. Les FEMMES, bien qu’effacées jusqu’à l’autisme, sont toujours pénétrantes, fascinantes, changeantes et  indispensables au monde de Ray. Elles y incarnent mystère et désir, instruments du destin. 

Un réalisateur aussi complet, un conteur aussi parfait et original a peu d’alter ego dans un siècle. Sa position était délicate : les anglais partent en 1947, après des années de lutte non violente menée par GANDHI et NEHRU, et la partition avec les musulmans vers le Pakistan. 

Il faut tourner la page de la domination, mais les anglais ont laissé des choses positives :  organisation , ouverture et une langue commune.
Voilà pourquoi le cinéma de Satyajit Ray est si nuancé, partagé entre deux cultures. Son honnêteté fait qu’il n’épargne pas les HINDOUS.

Il se paie le luxe de critiquer le CINEMA dans « Le Héros » , alors que l’Inde va devenir le premier producteur du MONDE, il attaque les  faux GOUROUS  et les bigots ( Le saint »), dans un des pays les plus religieux, et enfin, il dénonce le blocage de la FAMILLE et les rouages de l’EXPLOITATION des femmes dans « La grande ville », alors que la tradition en fait les servantes de leur époux.

Ray est un aristocrate de l’Intelligentsia BENGALI, et il combat déjà les communautarismes et les traditions RELIGIEUSES dont nous souffrons encore aujourd’hui !

 

 

_3 rééditions en SALLES de Films de Satyajit Ray : Le Héros (1966), Le Saint (1965), La grande ville ( 1963)  . DVD en VO sous-titrée. Distribution ACACIAS films.  ( films noir et blanc) 

(* en avril 2014 étaient réédités en Salles : Charulata. Le lâche. Le Dieu éléphant..même distribution. Voir Novaplanet JR) 

***vous pouvez les voir dés le 3 decembre 2014 :

_ à Caen ( ciné LUX) , à Lyon ( ciné Lumière) , à Pantin( ciné 104), à Saint Denis (ciné Ecran) , à Saint Nazaire ( ciné Jacques Tati), à Argenteuil ( ciné Jean Gabin ) , à Vernoux en Vivarais ( ciné Louis Nodon) , à Privas ( ciné le Vivarais), à Saint Etienne ( ciné Méliès). 

Et d’autres lieux en Janvier …