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L'âge d'or de la musique Caribéenne

L'âge d'or de la musique Caribéenne

Feu d'artifice afro-latin.

Par Jean Rouzaud

Les Caraïbes, dans golfe du Mexique et plus loin, sont tellement mythiques que l’on peut en donner l’histoire moderne en quelques mots.

Après 4 siècles d’esclavages, de chaînes, de tambours interdits et de musique proscrite, le 20eme siècle amène un peu d’humanité. Et toutes les populations déportées d’Afrique, qui ont déjà un patois codé et secret, vont récupérer leur chant et leur Rythme propre.

L’Afrique apporte ses rythmes et aussi son chant en appel-réponse qui va influencer toutes les musiques caribéennes.

La double compile Soul Jazz présente : Cuba, Jamaique, Haiti, Saint Domingue, Bahamas, Venezuela, Panama,  Trinidad, Porto Rico et même quelques exilés à New York…

Il s’agit de Biguine, Mento, Calypso, Cha Cha, Mambo, Danzon, Merengue, Go Kwa, Kompas, des traces de Charanga et Descarga…

Puisque chaque île a ses danses, ses styles, son genre propre!

Car, dès que les travailleurs des plantations ont pu, ils ont, non seulement récupéré leurs percussions, mais aussi des guitares, flûtes, violons, pianos, et des cuivres pour intégrer de la musique européenne ( Quadrille, Contredanse, Polka, Mazurka..) dans leurs compositions !

Avec la radio puis les disques, ce fut l’explosion : succès mondial de la biguine dès les années 30, puis du CALYPSO années 40, enfin MAMBO et CHA CHA CHA vont emporter les années 50 dans leur folie, les sixties vont révéler le ska, puis le Reggae... sans fin.

Les américains copient frénétiquement ces airs avec des Big Bands, filmés en soundies pour ciné et télé, dès les années 40 .

Puis c’est le tourisme qui  va permettre l’ouverture de Clubs ( dancings sur place, mais aussi exotisme dans les capitales européennes) et de faire vivre les musiciens… Jusqu’à ce qu’ils enregistrent leurs œuvres.

Des ethnographes viennent étudier danses et partitions, chants et orchestration, nouveaux instruments (Guïra, Maracas, Bongos, Clave..)

Jusqu’aux dictateurs ( Duvallier à Haiti, Batista à Cuba, Trujillo à St Domingue..) qui vont même favoriser ces arts, adaptés aux touristes !

Avalanche de disques Typiques, aux pochettes colorées, avec danseuses déshabillées ou déguisées en filles de la jungle, ou de beaux latinos ultra-sapés en couleurs vives, avec leurs instruments .

Le fantasme des danseurs tropicaux était né :  image - perle des dépliants touristiques, paroxysme du rythme, de la sensualité et de la virtuosité des africains, des latins, des « mestizos » ou sang-mêlé.

Derrière les photos des beautés locales, en prime des déhanchements maladroits des amateurs du monde entier, apparaît une musique complète, avec chant, contre-chant, orchestration précise, mélodies dérivées d’Europe, matinées d’Espagne, trio, sextet, orchestre complet.

Car si les éléments africains de Rythmes et les chants en « appel réponse » ont marqué ses musiques, (plus le génie Vaudou en Haiti, Santeria à Cuba et Candomblé au Brésil), la qualité musicale classique, le professionnalisme des musiciens ont fait la différence.

À nova, il y a longtemps que cette WORLD haut de gamme fait notre bonheur, on l’a appelé : Sono Mondiale…

90° DEGREES of SHADE. Hot Jump Island Sounds from the Caribbean. Des années 50 aux années 80 .

Double compilation avec Livret (booklet pochettes couleurs et notes) . SOUL JAZZ Records .

+ Un gros livre : image and identity in the West Indies

( 100 ans de photographies)  Soul jazz BOOKS .