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Hopper fouettard

Hopper fouettard

L'histoire d'un agité dans le bocal américana

Par Jean Rouzaud

La première bio non autorisée sur DENNIS HOPPER est parue chez RIVAGE ROUGE, grâce à la constance de l’auteur … qui a su rassembler les anecdotes embrouillées et délirantes de l’acteur réalisateur photographe à la vie chaotique. 

Acteur de western des années cinquante, fan absolu de JAMES DEAN puis de MARLON BRANDO, Hopper se fait remarquer en tenant tête à Henri Hathaway, réalisateur brute de western puis à Harry Cohn, Mogul de la COLUMBIA…  Il joue de petits rôles au côté de Dean: « La fureur de vivre » puis « Geant », puis il est pressenti pour lui succéder après sa mort…Cette promotion lui monte un peu à la tête, et les années 60 l’envoie dans la spirale hippy-dope-délire, façon RODEO.

 

Avec son pote PETER FONDA, il réalise « EASY RIDER », road movie beatnick, Chopper et LSD, qui devient vite un film culte, mythique, générationnel. Quelques grands rôles le pose sur le marchepied des grands : « Apocalypse now » de Coppola, l’ »ami américain » de Wenders, « Blue Velvet » de David Lynch .

Sa réalisation de « Colours » sur les gangs de L.A. est en avance sur tout le monde. Sa consommation de produits, alcool et autres mixtures, font de lui un personnage caricatural de déglingué au discours décousu mais aux visions panoramiques. Il est grillé à Hollywood mais il tournera dans plus de 150 films (en 50 ans)

Le succès d’Easy Rider lui vaut un budget d’un million de dollars pour faire SON film absolu : THE LAST MOVIE, un western biblique et apocalyptique tourné au Pérou qui se termine en catastrophe.. Projeté une semaine, il reste invisible. Le livre de TOM FOLSON ( refoulé à l’enterrement de Hopper, ave Peter Fonda, comme indésirables), tente de raconter l’envers du décor de Hollywood, la résistance des derniers « rebelles sans cause », et la violence du système des studios.

Violence que Dennis Hopper retournera contre les femmes et lui-même ! 

Folson, avec obstination, dégage également l’aristocratie du cinéma, celles des causes perdues façon Orson Welles, Dean, Brando, Nathalie Wood, on pourrait ajouter Sal Mineo, Monte Hellman et autres auteurs maudits, devenus références.

La liste est longue des martyrs du 9eme art, alors on s’accroche à Denis Hopper, fou de James Dean et, comme lui, fou de Brando qui les méprise, mais aussi par voie de conséquence, branché sur le POP ART, la photo, la dope, les Hell’s, la gnôle, le sexe et le cinéma des LOSERS, des cow boys perdus de Baja California. 

Les anecdotes autour de Hopper sont innombrables, ses excès inhumains, tous ses amis le donnaient pour mort dans l’année et ce, dès les années 80, mais il en a enterré encore beaucoup…Jusqu’en 2010. 

D’ou venait l’énergie de ces monstres sacrés ( je pense aussi à John Huston, Nicolas Ray,  Sterling Hayden, Bogart, et le top : Errol Flynn  qui cumulait TOUT !) tous ces buveurs invétérés , souvent à la limite…de quoi d’ailleurs ? De tout : de la mort, la ruine, l’excommunication ou de l’emprisonnement, mais sauvé par leur légende, leur culot, leur bonne étoile… et leur VITALITE, qui dérangeait le système. 

Si vous avez aimé les articles et livres de Philippe Garnier sur Hollywood ( style j’y étais pas, mais on m’a raconté),  ou le livre de KENNETH ANGER « Hollywood Babylon » (l’envers du décor depuis les années 20), alors foncez sur ce «Voyage dans le rêve américain », avec un des plus sauvage desperado de la bande . 

 

 

BORN TO BE WILD. Dennis Hopper . Un Voyage dans le rêve américain par

TOM FOLSON . Rivages Rouges . 300 pages . 22 Euros