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POUR EN FINIR AVEC MARCEL DUCHAMP...

Pour en finir avec Marcel Duchamp

(Et John Cage en prime)

Par Jean Rouzaud

Après le RATATINAGE méthodique de Marcel dans un précédent jet, voici le tour de John, suite à la sortie de « Rire et se taire » chez l’excellent éditeur ALLIA. Un livre- ITW ou il parle de Marcel.

Donc Joh Cage, interviewé par une pauvre vieille groupie ( Moira Roth), avoue en 1971, - 3 ans après la mort de Duchamp - , qu’il ne comprenait rien à l’œuvre de son ami, pas plus que ses théories sur le jeu d’échecs .

Il ajoute que la dernière épouse de Marce Duchamp (Teenie Matisse) en était au même point (!) , juste retour des choses pour celui qui ne trouvait aucun intérêt à « l’expression de soi » ( voir l’ autre article Duchamphobe ). 


Quant au pauvre John Cage, ses concerts où il n’y a que du silence 
( 4’33‘’), où d’autres ou on se contente d’ouvrir puis refermer un piano, enfin ceux où les cordes de pianos sont bloquées par des gommes et autres bouts de bois, ils faisaient fuir les spectateurs…

Il raconte qu’il squatte la compagnie de Merce Cunningham (avec lequel il couchote.. ) en exigeant que chaque musicien fasse ce qu’il veut et chaque danseur aussi, sans s’occuper des autres !! Technique de l’"aléatoire", piquée aux orientaux (TAO) et ultra banale chez les Dadas et surréalistes, déjà suiveurs (écriture automatique etc…)

Il avoue aussi que Duchamp pensait beaucoup au fric et était fasciné par les artistes qui en gagnaient contrairement à lui, le soi disant « non artiste » qui RAMAIT tant, allant jusqu’à draguer des femmes riches qu’il tente d’impressionner…

Là, ils sont à Cadaqués et Duchamp voit et admire Salvador Dali. Cage la joue plus cool, il perd aux échecs et ne souhaite voir personne. Lui son truc c’est le sourire ZEN béat : tout est dans tout et chacun pour soi.


Il reproche aux danseurs de Cunningham (pauvres et exploités, il le dit !) 
d’avoir tenté de s’accorder un peu pour un ballet !! Il les traite d’idiots, incapables d’improviser dans le RIEN, qu’il souhaite atteindre, lui John Cage, le gourou du VIDE .                

L’absence total de succès a rapproché nos deux  GLANDEURS, fauchés et pique-assiettes, il leur fallait quelques FANS DEBILES et complexés pour finir le mois. (Arensberg , victime pour Duchamp : il lui acheta toutes les bricoles à bas prix , puis il dut tout donner GRATOS au musée de Philadelphie.)

Appelons-les JOHN CAVE et MARCEL DUGLAND.

(car l’un est un cave qui ne se rebiffe pas, et l’autre un Gland qui s’agite pour paraître habité..*)

Ils sont pour moi comme les deux héros de Flaubert : BOUVARD et PECUCHET, deux naïfs patauds et prétentieux, qui croient comprendre le monde et ses subtilités et s’extasient à longueur de journées sur des lapalissades.

L’excellent éditeur Allia sort donc cet entretien ou JC a le mérite de ne pas se défendre de sa nullité revendiquée, ce qui avait le don d’énerver le vieux vampire Duchamp (né en 1887), qui avait fini par lui crier, en prétextant une partie d’échecs : « mais n’avez vous donc jamais envie de gagner ? » Question absurde pour un LOSER* !

Ces deux fainéants ont cru que la philosophie orientale ( Zen) et notamment le « non- agir » Hindou leur servirait de boucliers.

Mais n’est pas Lao Tseu ou Shankara qui veut.

Tous deux prétendent vouloir ne rien faire et s’amuser, or il n’ont cessé de produire (mal, des contre-œuvres..), de tenter de faire parler d’eux ( là, ils ont réussi), de MENTIR, car ils étaient sinistres, hypocrites et faisaient fuir publics, amateurs et autres naïfs complexés, qui souhaitaient rehausser leur image par la fréquentation d’intellectuels en perpétuelle représentation.

Et puisqu’ils aimaient les jeux de mots, voici mon verdict :

« Je n’ai aucune envie de prendre Duchamp Et encore moins de me mettre en Cage… »

JOHN CAGE « rire et se taire » sur Marcel Duchamp ( Editions ALLIA)  95 pages, 6euros 20

*Allusion au film « Le cave se rebiffe »

*Sorte d’allitération et d’association d’idées avec gland, agite et bite. (car en plus Duchamp était un obsédé sexuel contrarié)

* Un loser («perdant « en anglais) n’est jamais magnifique !