Aller au contenu principal
Soutien à M. Chat contre la RATP

Soutien à M. Chat contre la RATP

Ses oeuvres dans le métro parisien ne méritent pas d'être condamnées.

Par Jean Morel

Qui s’intéresse un peu au street art, à l’héritage et à l’histoire du graffiti a sans doute croisé une fois ou deux le travail de Monsieur Chat, notamment si vous habitez Paris où l’on dénombre plus de 80 murs peints sur l'axe Porte de Clignancourt / Porte d'Orléans), mais aussi à Rennes, Nantes, Tours, Trouville sur Mer, Blois, La Rochelle, l'Île de Ré, Sète, Saint-Étienne, Hénin-Beaumont. On peut le voir aussi ailleurs dans le monde : New York, Hong Kong, Macao, Séoul, Hué, Dakar...

Bref, l’homme a baroudé, animé uniquement par sa passion et sa vocation d’artiste.

Le type est tellement talentueux qu’il fut M. le fil conducteur d'un film de Chris Marker intitulé Chats perchés en 2004, projeté au Centre Pompidou la même année. Mais aujourd’hui le voilà confronté à l’absurdité absolue qui règne dans notre pays actuellement…

La raison c’est le quotidien des franciliens, le ventre des transports de Paris, l’immense et tentaculaire station de Châtelet Les Halles, cet été, encore en travaux dans le cadre de modernisation des espaces du métro parisien en cours depuis 1998 intitulée « Un métro + beau », pour un budget de près de 500 millions d'euros.

Au milieu de ces travaux dans la station la plus sordide du monde, M. Chat s’est senti inspiré de travailler sur les murs bruts de certains couloirs qui s’apprêtaient à être rénovés. En gros sur la pré-couche avant la pose du carrelage blanc caractéristique du métro.

Les gens qui disent que mon graffiti est sale ne prennent jamais le métro.

Immédiatement, notre pertinente et brillante brigade anti-grafitti s’est évidemment emparé de l’affaire… Une recherche google et un coup de fil et voilà nos intrépides enquêteurs à même de trouver l'adresse et l'identité de Thoma Vuille et de le convoquer. Ce dernier confirme être l’auteur des chats mais refuse d’accepter l’accusation de dégradation dans la mesure où ces murs allaient être recouverts… Il ne se plie donc pas à l’amende de 1800 euros réclamée par la RATP.

« Les gens qui disent que mon graffiti est sale ne prennent jamais le métro. » affirme t’il. 

Le cas se retrouve donc au tribunal de Grande instance en Octobre, et Nova apporte son soutien au graffeur. Une pétition est aussi en ligne si vous voulez soutenir M. Chat, Merci à Allcityblog.fr pour les éclairages.

Crédits photo : https://www.flickr.com/photos/olivr/