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Hardrock+Punkrock+Noise = GRUNGE

Hardrock + Punkrock + Noise = GRUNGE

Les origines d'un mouvement.

Par Jean ROUZAUD

Le mouvement Grunge, antisocial et dépressif, n’était pas seulement dû à un creux de vague culturel et à une dépression sociale, mais aussi à une réaction à la période précédente.

La NEW WAVE  (1979 – 1985) avait tout mixé : du Funk au Punk, de l’Electro au Disco, recouvrant de style et de fashion la nouvelle POP, alors les jeunes provinciaux de la génération suivante ont réagi.

Car il fallait repousser la vague des ainés avec leurs coiffures laquées, leurs fringues excentriques, leurs looks de magazine mode, leurs marketing affiché et leur show qui avait suivi le Punk « No Future »

En jeans déchiré, T-shirt fripé, chemises à carreaux, baskets pourries, le cheveu hirsute, ils ont repris les guitares et ont braillé leur ego, entre hard Rock et Punk, Trash et Noise, en interminables riffs. 

Derrière Nirvana, avec Kurt Cobain en joueur de flûte, ils ont suivi en cohortes désordonnées le nouveau messie du Flip, apôtre du désespoir,

Nihiliste de la dernière heure, s’égosillant avec des accents romantiques, noirs et désespérés, de Pearl Jam à Soundgarden ou Alice in Chains. 


Car l’héritage des Grunge Kids est lourd, déjà chargé de guitare-héros et de nostalgie pour différentes époques : Garage, Speed, Punk, Underground et autres fantasmes récurrents de stars déchues…

Non, le «Rock qui tache» n’était pas mort avec le Punk speedé ou la New Wave cultivée… On pouvait ressortir une vieille gratte éraflée et rebalancer de gros accords qui remuent le ventre, et cracher ses tripes.

Il y avait du désespoir à crier sur les ronflements de l’électricité , des accords dissonants et des voix adolescentes déchirées …No look zonard de rigueur, anti mode et anti tout : institution,  société, le même foutu rejet et tout le bataclan qui va avec, comme dirait Patrick Eudeline.

Le Label londonien Soul jazz a repêché d’autres groupes du même état que SEATTLE (LA grunge city, état de Washington), bandes de jeunes provinciaux crachant sur système et institutions, à coups de riffs atones.

Les noms de Vampire Lezbos, Thrillhammer, Helltrout, Calamity Jane,

Sentent la provoc et le ras le bol : distorsions, fuzz, écho, larsen, wah wah saturent régulièrement le vu-mètre.

Il n’empêche que ce mouvement négativiste a quand même réussi à avoir une influence générale, au delà de ses cinq années de vie(85-90).

Car le Rock maudit est mithridatisé depuis longtemps, il baigne dans son propre poison depuis sa naissance… La révolte est sa vitamine.

Et si les morceaux ont l’air de jumeaux, normal : c’est la génération X, auto-clonée. 


NO SEATTLE . Double CD .  Forgotten Sounds of the North West Era . 1986-1997 ( avec un booklet complet et les pochettes originales) Soul Jazz Records .