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Pince moi, je rêve

Pince moi, je rêve

La photographe Françoise Huguier se déploie à la MEP.

Par Bintou Simporé

Pince-moi,  je rêve! ;  Françoise Huguier raconte le monde avec la sensibilité, l’humour et l’insolence qui sont sa marque de photographe depuis plus de 30 ans. Ce sont justement plusieurs temps forts de ces décennies de reportages à travers le monde qu’elle présente jusqu’au 31 août à la Maison Européenne de la Photographie à Paris.


Doit-on parler de reportages d’actualité tant son oeuvre est singulière?… Certes, les photos de mode qu’elle réalisa pour le quotidien
Libération il y a quelques années couvraient au jour le jour les défilés des grands stylistes de la haute–couture mais elle choisissait alors de cadrer ses photos sur un détail, l’angle d’une épaule et d'un drapé, le flou d’une atmosphère ou la délicatesse d'une broderie … Dire et montrer en restituant une idée, un parfum de création, sans tout dévoiler. C’est aussi ce que l'on peut ressentir dans cette exposition non loin de portraits intimes de femmes rencontrées dans des appartements communautaires de Saint-Petersburg. 


Nous voiçi maintenant au Burkina-Faso et au Mali où d’autres femmes lumineuses au regard bavard posent à l’entrée de leurs chambres, des photographies grands formats issus de la série Secrètes. En noir et blanc également, le carnet de voyage sahélien de Françoise Huguier inspirée par L ‘Afrique Fantôme, le récit de Michel Leiris, et d'un désert à l'autre, des images de Sibérie polaire où la voyageuse séjourna dans les conditions les plus extrêmes.

Dans une autre salle de la MEPFrançoise Huguier présente une série de gazelles d’Asie du Sud-Est. Ces jeunes filles fières, souriantes et coquettes portent un hijab coloré, fixé de multiples façons, en toute séduction ! D’autres jeunes gens posent dans leur tenues préférées aux couleurs pétantes, avec un global look prenant pour modèles les stars de la Korean pop. Quels identités nous révèlent-ils? Quels conformismes? quelles rébellions? A vous de deviner …

Quand  les murs se couvrent de lianes, c’est que vous êtes arrivés au Cambodge, autrefois l’Indochine des colons. La série J’avais 8 ans, ou l’enfer de la jungle évoque cette année 1950 où Françoise et son frère furent enlevés par le Viet-Minh. Sous une vitrine figurent quelques souvenirs et documents d’époque et sur les murs de la MEP, ces photos émouvantes du retour de la photographe ex-otage sur les lieux de son enfance . Des ruines envahies par la végétation, des photos-natures mortes qui évoquent une époque révolue et le temps qui passe mais ne fait pas oublier.

L’exposition Pince moi, je rêve  de Françoise Huguier à La MEP à Paris, répartie sur deux étages vous est présentée jusqu’au 31 août, mention spéciale aux textes  qui ouvrent chacune des sélections thématiques de l'exposition, écrits par le journaliste Gerard Lefort!

Bon plan, le mercredi à 17h c’est gratuit et si vous voulez approcher de plus près l’univers de Françoise Huguier,  écoutez la dans Je me souviens sur Radio Nova, au micro de Marion Armengod, c’est içi et par là

Réecoutez Françoise Huguier dans Le Pudding, l ‘entretien au long cours réalisé par  Nicola Errera et Jean Croc et pour en savoir plus sur Françoise Huguier, ses publications ses expositions, enfin, visite recommandée de son site !