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Dans l'aquarium de Bill Viola

Dans l'aquarium de Bill Viola

Tentez ou retentez l'immersion dans le monde de cet artiste au Grand Palais.

Par Alice Barret

L'exposition Bill Viola au Grand Palais est un véritable choc esthétique et artistique ! Elle mérite que l'on se penche de plus près sur le cheminement de cet artiste déconcertant afin de mieux comprendre les enjeux de son travail. L'exposition présente un certain nombre des oeuvres de Bill Viola de 1977 à aujourd'hui. Ce sont des tableaux en mouvement d'un réalisme déroutant, des environnements sonores, des vidéos et des structures au genre indéfinissable.

Lors de cette exposition, le sujet entre en immersion dans l'univers de Bill Viola. Le visiteur ne se dirige pas d'oeuvres en œuvres comme dans une salle d'exposition habituelle. Au contraire, il progresse librement dans un monde où les œuvres ne sont pas parfaitement délimitées, en témoignent les œuvres musicales qui nous accompagnent d'un étage à un autre de manière à créer un continuum. L'expérience à laquelle nous sommes invités peut s'apparenter à l'expérience de l'immersion en milieu aquatique. L'artiste dit avoir été fasciné par l'eau dès son plus jeune âge, lorsque pour la première fois, à 6 ans, il fait l'expérience de l'immersion qui le plonge dans un monde sans contours. Il se sent si bien qu'il dit n'avoir pas voulu en sortir.

 

Bill Viola est sans conteste l'artiste le plus reconnu de ce qu'on appelle l' «art vidéo». Né dans les années 1950, il a commencé à étudier les arts plastiques dans une section parallèle destinée aux étudiants moins scolaires, pour se consacrer davantage à la musique électronique qu'à la vidéo dans un premier temps.

A l'âge de 20 ans, l'artiste entreprend un voyage en Orient pour entamer une quête spirituelle où il rencontre ce qui sera plus tard, son guide spirituel. Cela permet d'expliquer l'importance de la place qu'il accorde à des thèmes métaphysiques comme le temps, la mort, le mouvement... L'expérience que nous fait vivre Bill Viola à travers son exposition est assez similaire à celle de la méditation. Notre rapport au temps est transformé de manière à modifier notre perception de la réalité, à renouveler notre regard sur les choses. Pour lui, la vision optique en elle-même n'existe plus aujourd'hui :« ce que l'oeil voit ne doit pas nécessairement être pris pour une chose réelle. La réalité est submergée par des informations incorporées en nous. C'est pourquoi ce qui est subjectif est en train de devenir la nouvelle objectivité ».

Vous l'aurez compris, cette exposition est incroyable. Si vous n'avez toujours pas vécu cette expérience unique de l'oeuvre de Bill Viola, précipitez-vous, il vous reste encore une vingtaine de jours !

 

  

 

Bill Viola, jusqu'au 21 juillet au Grand Palais.