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Le Beatle de l'Art

Le Beatle de l'Art

Grande rétrospective Martial Raysse au centre Pompidou.

Par Jean Rouzaud

Martial Raysse nait en 1936, près de Vallauris, famille de céramistes. 20 ans plus tard, il se lance dans de petites expos collectives avec des assemblages d’objets avec poèmes.

Le temps d’échapper à la guerre d’Algérie ( réformé mental…) il rejoint la bande niçoise des NOUVEAUX REALISTES, dont César, Arman, Ben…1960 : ils exposent au Mo Ma de New York pour « Art of Assemblage ».

Dès 1962 il expose une des toutes premières installations «RAYSSE BEACH», au Stedelijk Museum d’Amsterdam : des portraits de filles colorées entourant un carré de sable avec accessoires de plage. 

 

Avalé par le pop Art, il vit à moitié à Los Angeles, utilise des objets de prisunic dans ses assemblages , puis réalise une série de cartes postales géantes intitulées « MADE IN JAPAN », toiles classiques recoloriées et va jusqu’à inclure un film sur écran TV dans un tableau. 

Ses COLORATIONS de photos et aussi ses femmes tirées de grands tableaux classiques ( baigneuses d’INGRES), ainsi que ces néons ou ses photos de NUS psychédéliques solarisés vont marquer le Pop Art. Il rentre en France pour MAI 68, fuyant justement ce POP ART devenu un cliché pour drugstore, et démarre une vie de communauté et des essais de FILMS ! ( différents de ceux utilisés pour son travail Pop). 

Parallèlement et tout doucement, il va se mettre à dessiner et peindre, à contre courant du mouvement Pop qui récupère ou détourne, et inverse du MINIMAL ou CONCEPTUEL ou aucun artiste ne se soucie de dessin.

Martial Raysse fut un cas presque unique du retour au travail classique et FIGURATIF, des anti-plasticiens dans ces époques de REFUS.

Dans ce retour aux sources, il va suivre le parcours parfait de tous les HIPPIES, les choix de la CONTRE CULTURE, et l’itinéraire des BEAUTIFUL PEOPLE, du Maroc à la Campagne ( Dordogne) et même le parcours initiatique des DROGUES, dans un esprit CHAMANIQUE !!

Il a été frappé par les films UNDERGROUND de Kenneth ANGER et Jack SMITH . En 1972,il réalise donc « Le Grand Départ », épaulé par son frère Gilles Raysse,( personnage de la scène française, qui va lancer KENZO, et participer à la nouvelle culture mode world des HIPSTERS et autres routards des années 70. ). Ce long métrage est une fable communautaire hallucinée.

 

Puis ce sera « Camembert martial Extra Doux » ou une famille découvre les effets psychoactifs d’un fromage!.. Humour, dérision, théâtre et happening, dans la lignée des groupes de la FREE PRESS.

ACTUEL, mensuel underground montre ses images, et il travaillera aussi avec le groupe GONG ( Daevid Allen, Didier Malherbe, Soft Machine..)

Cette parenthèse dans la marginalité anti - système triomphante ,avec ces groupes PARALLELES d’avant-garde, ne l’empêche pas de multiplier de très fines petites peintures mythologiques puis de se lancer dans des toiles de très grand format, des compositions FIGURATIVES de groupes humains à taille réelle ! 

 

 

Au cours de ces années 70 bouillonnantes, Martial Raysse reconstitue un univers figuratif, un parcours de peinture et de technique, utilisant beaucoup de liant et d’émulsion – medium à l’eau ( détrempe) puis « a Tempera ( à l’œuf), méthodes anciennes qu’il redécouvre…

C’est ce double PARCOURS INVERSE: moderne puis classique, conceptuel puis figuratif, qui fait de Raysse un peintre à part, poétique et français, déroutant et secret, mais qui finalement a réussi à réaliser beaucoup d’œuvres qui restent esthétiquement valables.

MARTIAL RAYSSE . Rétrospective

CENTRE POMPIDOU . DU 14 mai au 22 septembre 2014.