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Du crowdfunding pour la rumba

Du crowdfunding pour la rumba

En plein de coeur de Brazza une collection de vinyles à sauvegarder

Par Florent Servia

 

A Brazzaville, un irréductible digger/collectionneur congolais résiste à l’invasion de la musique dématérialisée. En 2004, Jean Basile Massamba fonde la Maison Culturelle Biso Na Biso. Dix ans plus tard, le passionné a accumulé pas loin de 800 000 disques vinyles, ce qui fait de sa collection l’une des plus importantes de musique Africaine. Avec pour principal objectif la sauvegarde et la valorisation du patrimoine musical africain, la maison culturelle Biso Na Biso est un incroyable centre d’archives musicales diversifiées ( Rumba, salsa, zouk, soukouss, reggae, jazz, rap...). Lieu d’exception, la maison culturelle n’en est pas moins menacée de disparaître par manque de moyens.

Afin de la préserver, Julien Quesne et Emile Roux,  les créateurs du site Enfantmystere.com ont décidé de relayer l’histoire de ce lieu et de lancer un financement participatif en parallèle. Plateforme de visibilité, le site promeut les arts d’Afrique Centrale (et en particulier des deux Républiques du Congo). Ludique, esthétique, facile de navigation, Enfant mystère.com est un site agréable et instructif. Engagés dans la perpétuation et la diffusion de l’art, les deux compères ne pouvaient que réagir à une telle aberration !

Voilà ce qu’ils écrivent sur la page de l’appel à financement (indiegogo) : « Nous voulons aujourd’hui partager et défendre une cause qui nous tient à cœur, nous avons donc créé cette page afin de sauver la maison culturelle Biso Na Biso ». Avec en prime une petite citation de Cervantès s’il vous plaît !

 « Là où est la musique, il n’y a pas de place pour le mal ».

 

 

La conservation de ce patrimoine musical passe par sa numérisation. L’opération est coûteuse mais capitale puisque certains de ces disques sont les dernières traces restantes d’artistes africains. Aujourd’hui, sur les 800 000 disques, seuls 60 000 ont pu être numérisés.

À savoir que l’ONG Biso Na Biso a reçu le soutien de l’UNESCO par l’intermédiaire d’une visite de son représentant au Congo. Nul charlatanisme ici, mais bien un projet qui compte ! En contrepartie des soutiens, l’ONG offre des badges et tee-shirts à l’effigie des « Labels Africains ». Et, pour les âmes de mécène, votre nom peint par un artiste local sur un mur de la maison culturelle !

 

 Le patron, Jean Basile Massamba, s'exprime sur le sujet :

 

La première étape de cette campagne consiste à péréniser la maison culturelle. En plus de régler les factures, l’ONG a besoin de réaliser des travaux de façon à ce que les disques vinyles soient conservés dans de bonnes conditions. Travail ô combien nécessaire tant le climat congolais est rude pour les galettes (chaleur, humidité, poussière…) !

L’ONG souhaiterait ensuite valoriser le centre et permettre l’accueil du public. C’est là que ça devient intéressant ! Conserver, oui ! Transmettre, deux fois oui ! L’initiative prendrait une vraie ampleur si elle pouvait déboucher sur la transmission de toute une culture, auprès de la jeunesse notamment. Pour que toutes les pépites musicales ne soient pas reléguées aux oubliettes, donnons les moyens aux diggers de partager leur richesse !

À terme, nous serons tous bénéficiaires de l’action, puisque la discothèque numérisée, il sera question de la rendre disponible sur une plateforme de téléchargement légal.

Vous pouvez soutenir la maison Biso Na Biso par participation financière. En remerciement vous recevrez des badges ou des tee shirts estampillés Label Africain. Sachez qu'en donnant 10 euros, vous permettez la numérisation de 240 disques vinyles ! Et avec 200 euros, 3600 disques vinyles ! Avis aux mélomanes et amoureux de la galette. 

Mais attention, il reste 27 jours !