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Pas d’excuse : c’est Depardon

Pas d’excuse : c’est Depardon

Passez un doux moment avec Raymond Depardon au Grand Palais.

Par Thomas Schlesser

Il est le photographe français le plus connu au monde : Raymond Depardon, né en 1942, est en ce moment dans toutes nos mairies puisque c’est à lui que l’on doit le portrait présidentiel de François Hollande, mais il est surtout présent Grand Palais, à Paris, jusqu’au 10 février. L’exposition est joliment intitulée « un moment si doux » et sa particularité, c’est qu’elle se concentre sur la production en couleur de l’artiste, avec 150 clichés dont la plupart sont inédits, allant de ses premières prises de vue lorsqu’il a 16 ans à aujourd’hui.

Difficile de résumer l’œuvre de Depardon mais disons, pour reprendre ses propres termes, qu’il est un photographe « des temps faibles » et notamment de tous ces moments informels, sans emphase, dont les protagonistes ne peuvent pas être héroïsés. « L’appareil serait une espèce de caméra de télésurveillance », confiait-il… Au fil de l’exposition, on découvre quelques uns de ses grands reportages : au Chili en 1971, à Beyrouth en 1978, et à Glasgow en 1980 – et chaque fois, ce sont les marges, les zones soi-disant secondaires qu’il traque avec son objectif. Au Liban par exemple, il montre les conséquences de la guerre et non la guerre elle-même.

Il est par ailleurs étonnant de constater que Depardon ne s’est rendu compte qu’après coup de sa propre nature artistique. Il explique : « Je ne savais pas que j'étais un photographe de la couleur. Elle était pourtant là. Dès les premières images. »

Et puis, il faut enfin rappeler que Raymond Depardon est aussi un immense réalisateur, auteur de fabuleux documentaires également caractérisés par le sens du retrait, de l’effacement : Faits divers, délits flagrants, 10e chambre… A ce propos, petit bonus à l’adresse de ceux qui, comme moi, ont été consternés par la faiblesse indigne et pourtant survendue de « Campagne intime », le documentaire de Farida Khelfa montrant Sarkozy lors de l’élection de 2012, regardez d’urgence Une Partie de campagne sur l’élection de VGE en 1974. Pas seulement une « douceur », mais un chef-d’œuvre absolu.

Raymond Depardon, un moment si doux

  • 14 novembre 2013 – 10 février 2014
  • Grand Palais, Galerie sud-est, entrée avenue Winston Churchill, Paris 8e