Aller au contenu principal
Sadhû : un ermite sur la route de la sagesse

Sadhû : un ermite sur la route de la sagesse

Et si l'essentiel n'était pas d'être un saint mais de se contenter d'être un brave type ?

Par Sophie Marchand

Suraj Baba s'est retiré du monde pour devenir un sâdhu. Selon la tradition, il vit comme un ermite dans une grotte au coeur de lʼHimalaya. C'est ici que commence notre documentaire, second long métrage du réalisateur Gaël Mermoz.

Depuis 8 ans, cet homme doux, curieux et original, accomplit ses rituels quotidiens : il écrit, prend soin de son corps et de son âme, chante ses textes d'amour sur des airs de folk. Mais cet isolement, censé lui permettre de se libérer et de trouver des réponses, se transforme une quête perpétuelle et inachevée. Suraj Baba, dont on devine à peine le passé et les interrogations qui le hantent, ne parvient pas à être apaisé. Il recherche mais ne trouve pas. 

En tant que spectateur nous commençons donc le voyage en même temps que Suraj Baba, qui entreprend un voyage pour rejoindre la Kumbha Mela – un évènement qui réunit, tous les 12 ans, plus de 70 millions de pèlerins. Il y assiste pour la première fois. Sans doute espère-t-il parvenir à trouver la sérénité dans la communion, dans la fraternité et dans l'entraide. Mais ce rassemblement spirituel est trop institutionnel, trop codifié, trop folkorique pour correspondre à la sincérité de la foi de notre Sadhû. Ce n'est pas avec ceux qui sont censés être ses « semblables » que son cheminement s'arrête. 

Est-ce sa foi qui vacille ou sa liberté et son indépendance qui l'empêchent de se fondre dans une spiritualité sur-mesure ? Car Suraj Baba est, à proprement parler, un homme libre qui nous surprend, nous touche et nous intrigue ; il aurait pu être le héros d'un roman sur le Beat Generation.

Ce parcours à travers les montagnes, les fleuves et les villes, qui commence au cœur de l'Himalaya et se termine au Royaume du Mustang est évidemment beau, car les paysages le sont, mais il est surtout un portrait complet et complexe de ce que signifie la réelle liberté, avec tout ce qu'elle a de vertigineux et d'angoissant.

Et si l'essentiel n'était pas d'être un saint mais de se contenter d'être un brave type ?

 

Sadhû est un documentaire de Gaël Metroz.  Sortie en salle le 6 novembre.