Aller au contenu principal

Prison ferme pour le rap tunisien

Weld El 15 et Klay BBJ ont été condamnés à 21 mois de prison pour atteinte aux bonnes mœurs, diffamation et outrage à agents.

Par Sophie Marchand

Nous vous avions parlé du verrouillage de la liberté d’expression tunisienne, dont un des tristes emblèmes était la condamnation du rappeur Weld El 15. Dans son morceau «Boulicia Kleb» («Les policiers sont des chiens»), il dénonçait les exactions des policiers tunisiens.

Après avoir relâché dans un premier temps, Weld El 15 vient d’être condamné à 21 mois de prison. Son procès, et celui de Klay BBJ (autre rappeur condamné à la même peine de prison) a eu lieu ce matin, sans que les rappeurs n’aient même été convoqués au tribunal. Le jugement prononcé par le tribunal d’Hammamet est sévère, rapide et à exécution immédiate. Leur avocat, qui dénonce évidemment des vices de procédure, dit n’avoir été informé de cette convocation que par le biais des médias tunisiens.

Les deux musiciens ont été arrêtés il y a une dizaine de jours à la sortie d’un concert. Roués de coups et détenus quelques heures, ils avaient finalement été relâchés. Officiellement, les autorités condamnent leurs textes et l’offense qu’ils sont censés représentés envers les fonctionnaires de police tunisiens. Officieusement, beaucoup dénoncent un climat de violence et de vengeance de la part du pouvoir public et religieux qui cherche à verrouiller la prise de parole et la liberté d’expression de la jeunesse tunisienne. 

À tout moment, les deux rappeurs peuvent être arrêtés et emmenés en prison où ils rejoindraient d'autres tunisiens condamnés pour avoir voulu s'exprimer contre certaines dérives de la société politique tunisienne. 

Découvrez le rap de Klay BBJ en soutien à Weld El 15.