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Michel Antoine Burnier sans peine #6

Michel Antoine Burnier sans peine #6

Découvrez chaque jour Michel Antoine Burnier de A à Z.

Par Mélanie Bauer

Extrait de  l’entretien inédit avec Michel Antoine Burnier, André Gattolin et Alexandre Pessar en 2007 les lettres, P, Q et R.

 

P comme « PSU »

Q comme  « flics au Q »

R comme « regret »

 

 

P comme « PSU »

 

Michel Antoine Burnier entre au PSU (Parti socialiste unifié) dés sa fondation en avril 60.  Ses fondateurs, viennent de plusieurs bords, le PSA (Parti socialiste autonome), l’UGS (l'Union de la gauche socialiste) et la «  Tribune du communisme ».

Au départ, le mouvement s’inscrit dans une ligne de gauche entre la SFIO (social démocrate) et le Parti Communiste Français. Il s’agit d’un mouvement qui revendique son opposition à la guerre d'Algérie, opposition au soutien de la SFIO au « coup d'État » gaulliste de 1958, puis qui deviendra sous la houlette de Michel Rocard à partir de 1967 un parti prônant l'expérience autogestionnaire.

Son ami, Michel Contat dira d’ailleurs dans le Monde, à la mort de MAB en mai dernier : « Politiquement, il se définissait comme un girondin et un social-démocrate conséquent, ayant de l'estime pour peu de politiques en dehors de Michel Rocard. »

La gauche et le PSU, donc, un gros bazar de guéguerres de pouvoir, qui inspire Burnier notamment lorsqu’il écrit avec Bernard Kouchner et Frédéric Bon, « Les Voraces », une tragédie en cinq actes et en vers sur la présidentielle de 74 remportée par Valéry Giscard d'Estaing. 

 

Q comme  « flics au Q »

 

Ici, Michel Antoine Burnier s’amuse d’un souvenir de 1963. Un des numéros de « Clarté » un papier co-écrit par son complice, Serge July titré « doit-on draguer ? ». Cette accroche somme toute frivole et peu politique, choquera le PCF, Burnier parle d’«un drame » ! Ce titre sera utilisé pour les affiches du journal. Michel Antoine Burnier sourit de l’ironie de se faire courser la police avec Frédéric bon en collant sur les murs de la capitale cette question d’une importance grave !

 

R comme « regret »

 

Un seul regret, 1966 Le Comité Vietnam national (CVN) voit le jour, à l'occasion de ses « Six Heures pour le Vietnam», ( une idée de Jean Schalit, des « italiens de l’UEC, nous dit Burnier et des jeunesse communistes révolutionnaires) avec, le philosophe Jean-Paul Sartre, le physicien Alfred Kastler, le mathématicien Laurent Schwartz, l'historien Pierre Vidal-Naquet.

Dominé par les trotskystes, le comité est progressivement récupéré par les JCR, (Jeunesses communistes révolutionnaires) aux « Paix au Vietnam ! », slogan des communistes français, les trotskystes privilégient très vite « FNL vaincra ! » on parle ici du « Front national pour la libération du Sud Viêt Nam ». Bagarre de clans.

Burnier, y est représentant de la revue « temps modernes » avec le philosophe Jean Pouillon,  proche de Jean-Paul Sartre. Il regrette d’avoir collé à la politique du Nord Viet Nam et s’étonne : «  Que nous n’ayons pas reconnu à l’autre bout du monde, un système qui nous avait exclu  » pour lui, c’était un aveuglement politique certain et son seul regret.


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