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En juin, Montpellier se met à danser

En juin, Montpellier se met à danser

Du 22 juin au 6 juillet se tient la 33ème édition du festival Montpellier Danse.

Par Paul Ormières

Avec 150 manifestations gratuites en plus des spectacles pendant deux semaines, c'est toute la ville qui sera investie. Vingt-cinq artistes originaires de douze pays différents viendront présenter leurs créations originales. Quatre d'entre elles sont l'oeuvre d'Emmanuel Gat, chorégraphe associé de cette édition.

"Originales", le mot est à double sens parce qu'elles ont été faites spécialement pour le festival et, surtout, elles promettent d'être toutes plus excentriques et insolites les unes que les autres. Le fil rouge cette année, c'est le thème de la mémoire. Le chorégraphe Akram Khan se souvient par exemple de son enfance dans son spectacle solo qui s'appelle "Desh". Pour Israel Galvan, la mémoire, c'est avant tout un devoir. C'est pour ça qu'il a choisi de parler de l'extermination des gitans dans les camps durant la seconde guerre mondiale… 

Côté excentrique, le spectacle "Crazy Camel" (en photo ci-dessus) pourrait faire office de figure de proue de ces créations inattendues. Ce détournement foutraque du Crazy Horse est l'oeuvre du chorégraphe japonais Akaji Maro et de sa troupe, la compagnie Dairakudakan. "S'il y a une compagnie à découvrir durant ce festival, c'est celle-là", dixit Gisèle Depuccio, directrice adjointe de Montpellier Danse.

Akaji Maro n'est plus tout jeune. Ce qui ne l'empêche pas, à 70 ans bien tassés, d'écumer les scènes du monde entier avec "des idées totalement farfelues qui s'inscrivent dans la tradition du Butô, une danse traditionnelle". Butô : du japonais Bu qui signifie "danser" et Tô, "taper du pied". Dans ce spectacle, il y aura une vingtaine de danseurs, vêtus d'un string et dont les corps seront peints en doré. Au milieu de tout ça viendra se greffer un Akaji Maro grimé en jeune fille, avec jupette et chaussettes montantes. "Du Butô tel qu'on en voit peu avec ce côté théâtral, comédie musicale. Ce spectacle ne peut qu'intéresser un public vraiment curieux". La messe est dite. Ce sera le 3 juillet à 22h au théâtre de l'Agora.

Bien évidemment, le "Crazy Camel" ne sera pas le seul événement de cette édition. La chorégraphe Mathilde Monnier ouvre les festivités, toujours au théâtre de l'Agora, les 23 et 24 juin. Elle s'est associée avec le dessinateur belge de bandes-dessinées François Olislaeger qui dessinera les mouvements de danseurs amateurs au fur et à mesure de leur prestation sur scène, le tout retransmis en direct sur un écran.

A noter également la première en France du spectacle sud-africain "The Inkomati Discord" des chorégraphes Boyzie Cekwana et Panaibra Gabriel, respectivement sud-africain et mozambicain, spectacle qui évoque la signature d'un pacte de non-agression signé par leurs deux pays en 1984. C'est au théâtre de la Vignette, les 26 et 27 juin, que ça se passe.

La danse n'est pas réservée qu'aux humains, Blanca Li va tenter de nous le démontrer en dansant avec de vrais robots dans son spectacle "Robot!" dans lequel des machines prendront la place des hommes à l'Opéra Comédie le 4 et le 5 juillet.

Enfin, une date importante à marquer dans vos agendas, celle du 27 juin avec le spectacle de la Trisha Brown Dance Company. Comme nous l'explique Gisèle Depuccio, "Trisha Brown, pour des raisons de santé, a arrêté la direction de sa compagnie qu'ont reprise deux des danseuses historiques. Elles ont organisé sur une période de trois ans une grande tournée internationale avec les pièces essentielles de Trisha Brown pour que son répertoire perdure". Un événement à ne pas manquer donc, au théâtre de l'Agora. 

Plus d'informations sur le site officiel du festival