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Killing in the game

Killing in the game

Les meilleurs plans de gaming politique pour dégommer vos ennemis

Par Anne Donadini et Mathilde Serrell

Et si on jouait à « Tax Evaders » ? Avec son esthétique vintage calée sur les mosaïques pixélisées du jeu Space Invaders (les petits monstres déjà aperçus sous les graffitis/attentats urbains de l’artiste Invader),  le jeu Tax Evaders n’est pas là pour faire joli mais pour vous défouler et traquer les évadés fiscaux.

Tous ces rapaces qui rapatrient l’argent de leurs impôts et ces entreprises qui ne jouent pas le jeu du contrat social vous énervent ? Défoulez-vous ! L'agence Citizen Engagement Lab a mis en ligne le jeu gratuit « Tax Evaders », dans lequel vous incarnez une foule de manifestants mécontents qui empêchent le départ de multinationales comme Facebook, Goldman & Sachs, BP, Starbucks, et bien d'autres.

Chaque fois que vous dégommez l'une d'entre elles prise en fragrant délit, l'équivalent en impôts que vous avez réussi à rapatrier dans les caisses de l'Etat s'affiche sur l'écran. A condition d'éviter les lacrymos...

Sauve ton usine !

On connaissait les petits jeux en ligne qui rebondissent rapidement sur l’actu : celui sur Cahuzac, celui qui permet de lancer de la farine dans la tête de Hollande,  ou de boxer Sarkozy. Ici, il s’agit d’une vraie démarche pédagogique de serious gaming. Le jeu Tax Evaders livre plein d'infos sur les chiffres réels de l'évasion fiscale et vous permet de passer véritablement à l’action en bombardant de tweets contestataires la page d’une de ces sociétés.

Pour sauver son usine, on trempe ses basques avec "KILL MITTAL", qui vous permet d’incarner un sidérurgiste en colère désireux d'aller botter le cul (à l'aide de barils, poutres, voitures) du boss capitaliste Lakshmi Mittal. Et engrener ses copains métallos dans cette cause.

A la suite de la fermeture des hauts-fourneaux de Florange, le développeur informatique Alexandre Grilleta nous prouve ainsi que le fait de transposer une lutte sociale dans un jeu de cartoon devient une nouvelle forme de manifestation.

Deuxième jeu : "Majobaventure", un serious game innovant créé par Meditools pour la CFDT. Dans la peau d’un futur employé, vous devrez répondre à différentes questions portant sur les droits salariaux, le temps est décompté et un score final définit votre rang sur la plate forme sociale.

Un pied dans chaque camp

Dans d'autres registres, on vous proposait déjà il y a deux mois un simulateur d'émeute qui vous proposait d'incarner les forces de l'ordre ou les opposants, Riot Game. Pour soutenir les indignés d'Espagne, de Grèce ou de Suède avec un graphisme 8-bit !

D'autres jeux vous mettent également dans la peau de deux personnalités opposées pour vous font prendre conscience de certains enjeux. C'est le cas de "Darfur is dying", où l'on incarne au choix un réfugié darfuri, un travailleur pauvre ou un contrôleur des douanes.  Et ces jeux ont beau être sérieux, ils rencontrent un succès notable ! Autant de jeux aux objectifs aboutis, qui font intervenir ces sous-cultures indociles dans le débat social : une idée qui a de l'avenir.