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L'art des données : c'est le DARTART !

L'art des données : c'est le DARTART !

Ces créateurs qui font de l'art avec des données numériques.

Par Anne Donadini et Mathilde Serrell

Les DATA dans votre vie, c’est quoi ? Ce sont les données personnelles que vous livrez au gré du web, petits Big Brothers de vous-même. Les données comme support d’analyse journalistique aussi, par exemple ces fameux leaks de gros paquets de fichiers informatiques,  de numéros de comptes, de câbles diplomatiques exfiltrés... etc . Ou encore les données qui concernent vos élus (par exemple les taux de présence à l’assemblée qui sont regroupés et présentés par l’association « Regard citoyen »).

Certaines personnes leurs donnent une autre valeur, imaginative, métaphorique. Ce sont des « datartistes ». Et on va vous en donner quelques exemples...

 

Il vend sa vie sur internet pour 2 dollars

Federico Zannier, un étudiant italien vivant à New-York, a mis en vente ses données, soit toute sa vie privée en ligne, sur le site de financement collaboratif Kickstarter. Le but ? Faire prendre conscience aux internautes du nombre de données qu'ils lâchent sur le web sans se poser de questions.

Sur sa fiche de description - nommée « A bite of me » - Federico expose son idée : « J’ai collecté automatiquement les données me concernant. J’ai violé ma vie privée. Maintenant je vends le tout. Mais combien cela vaut-il ? ». Au-delà de la newz insolito-geek, la démarche de Federico Zannier est résolument artistique. Faire apparaître l'ineffable. Entre ses pages visitées, les déplacements de sa souris, les touches de son clavier enfoncées, des photos de sa webcam, des captures d'écrans, mais aussi la géolocalisation de ses déplacements.... il y a du contenu ! 

 

Dataviz et Datamatics

La data artiste londonienne Stéphanie Posavec a franchi un cap en proposant, il y a trois ans déjà , une « visualisation » numérique de la première partie du roman de Jack Kerouac « Sur la route ». A voir ici, ainsi que d'autres travaux à elle.

Côté scène, on trouve également les spectacles « Datamatics » de Ryoji Ikeda. Dans ses projections, il plonge les spectateurs dans un univers graphique, fait de chiffres, d’abscisses et d’ordonnées, d’éclats de lumière et d’abstractions géométriques dont la forme n'est pas sans évoquer, dans un registre plus populaire, la figure de la «digital rain» (la pluie numérique), popularisée par le générique de la série de films Matrix.

Toi, l’enfant de la vidéosphère et du 2.0, plonge-toi dans l'esthétique data de Ryoji Ikeda.

 

 

 

A votre tour : le pixel art pour tous grâce à une appli pour iPhone

 

Sur Amusement.net, on a découvert « Pixel is Data », une application bien sympa du codeur créatif français Matthieu Savary avec laquelle vous pourrez modifier la photographie de votre choix pour en faire du PIXEL ART.

Vous appliquez à la photo l’un des 12 préréglages à votre disposition. Modifiez les paramètres, comme le désordre ou la densité des pixels et vous obtiendrez une œuvre unique que vous pourrez partager sur Facebook et consort.

L’ ordre des pixels peut être organisé par couleur (Rouge Bleu Vert), une façon unique de regarder votre photo. « Pixel is Data » est disponible gratuitement sur l’App Store.

 

 


 

Bref, tous ces artistes nouvelle génération travaillent sur un seul et même matériau : la donnée numérique ou encore la notion de signal (message codé de façon à pouvoir être communiqué à distance). Ils lui donnent une forme, une esthétique visuelle et sonore. Après Dada, vive le Data !