Aller au contenu principal
Cailleras Juives

Cailleras Juives

Ou quand les règles de la rue rencontrent celles de la Torah

Par adrien gingold

C'est tout chaud ça vient de passer à l'antenne de Nova, dans le Grand Mix Matin de Mathilde Serrell (9h-13h chaque jour).

Voici les propos de Meni Yaesh, réalisateur du film "Les Voisins de Dieu" (chronique Nova à lire ici), un film sur les excès du mouvement Breslov, ces jeunes juifs qui allient un peu trop excessivement l'usage de la force à des fins "religieuses" et la pratique de la religion elle-même.

Les extrémistes religieux existent dans toutes les cultures : chez les Chrétiens, les Musulmans et malheureusement aussi dans le judaïsme. Ca se passe dans notre pays, on y rencontre les mêmes problèmes que vous, et le film parle de ça justement, de ces extrémistes qui utilisent les lois à leurs propres fins, qui se prennent pour des soldats de Dieu qui ont besoin de combattre en son nom et de pousser tous ceux qui ne sont pas croyants à croire en Dieu, par tous les moyens, y compris par la force.

Le film parle précisément des gens qui sont dans ce processus. Les personnages principaux du film ont l'impression d'être des héros, d'agir pour le bien. Ils font comme s'ils étaient dans un film d'action. "Tu n'es pas un "shomer Shabbat" ? Je vais te casser la gueule !". C'est quelque chose que j'ai vu dans ma ville, que vous avez peut-être vu dans la votre, donc je pense que ce film est par là très universel.

Tu n'es pas un "shomer Shabbat" ? Je vais te casser la gueule !

Pour la première fois, je crois, je montre les croyants comme des gens cool et sexy, parce qu'à chaque fois qu'on voit des gens religieux dans un film, ils ont l'air tristes, austères, apathiques... Ceux-là sont vifs et jeunes, ils ont la pêche. Alors oui, ils fument des joints, consomment des substances illicites, parce que ces gamins étaient déjà des petits voyous, si on peut dire, avant de devenir croyants, et maintenant qu'ils le sont, ils mélangent les règles : celles de la rue et celles de la Torah, ce qui en sort est un peu étrange, et finalement un peu triste.

Mon film parle vraiment de ça, du mouvement Breslov, c'est quelque chose d'assez nouveau… Vous savez, dans le judaïsme il y a les Hasidim, les Habat Nikim... et aussi le mouvement Breslov qui est plutôt récent, et qui très tendance en ce moment en Israël.

Ce qui m'a sauvé ? L'amour !

Vous savez, quelque part, on pourrait dire que j'étais un de ces mecs... J'en ai dans mes amis et ce qui m'a sauvé finalement, et eux aussi d'ailleurs, c'est l'amour. L'histoire parle de ça : que l'amour te libère de la haine et de l'incompréhension. Finalement ce qui l'a sauvé du mauvais chemin qu'il a pris, c'est la femme qu'il rencontre. Elle est très différente de lui et c'est elle qui lui ouvre les yeux.

Je voudrais juste dire que c'est un film complètement kasher ! Il est vraiment fait pour les croyants… enfiun, le terme casher est souvent galvaudé mais en tout cas il n'y a pas de scènes de sexe, donc tous les croyants peuvent aller le voir !