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La nuit se meurt à Genève

Mobilisation graphique contre le déclin de la nuit genvoise

Par Mathilde Serrell

10h sur Nova : l'heure des cultures festives, licencieuses et toujours en résistance. Et aujourd'hui, il était question de la mobilisation des noctambules pour préserver la vie nocturne des grandes villes – parce que dormir, c’est un peu mourir.

Entre les fermetures provisoires ou définitives de bars, les pertes de licence, l'interdiction du bruit au-delà de 2h, sans oublier le "bruit de la clope" en extérieur qui devient un nouveau prétexte à fermeture, la vie nocturne urbaine se trouve en mauvaise posture. A Paris en 2009, c’est même un appel au secours en forme d’avis de décès qui fut lancé par les acteurs du monde des bpm : « La nuit meurt en silence ».

La faute à qui ? A une législation qui se durcit mais aussi en partie aux associations de riverains, qui parce qu’ils aspirent au calme, font tout pour étouffer la teuf. L'excellent StreetPress a d’ailleurs publié récemment une enquête sur ces dandys du silence et autres esthètes du vide.

Le constat est le même dans d'autres capitales festives, comme à Genève où la fronde noctambule et créative s’est constituée début février, alors que le Service de Commerce suisse a publié l'obligation pour vingt-huit bars de fermer avant minuit. Un drame sur le plan financier explique à la Tribune de Genève le gérant de l’un de ces établissements, qui réalise 20% de son chiffre d’affaire entre minuit et 2h et le weekend.

« Le bruit de la nuit n’est pas un réel enjeu mais bel et bien un prétexte de plus pour nous faire taire et déguerpir de la voie publique. Réveillons-nous ! Soyons créatifs, exprimons notre refus de nous laisser encore une fois réduire au silence et cessons de laisser Genève devenir une ville fantôme où tout bruit est devenu une tare pour la bourgeoise aigrie », lance le collectif « Notre bruit, leur nuit ».

A Paris, on avait vu les clubs sanctionnés placardés d’affichettes de type « fermé pour cause de ville morte, merci de vous adresser à la capitale d’à côté ». Les Genevois, eux, donnent plutôt dans le lol tumblresque et connecté.

Sur la plateforme NotreBruit.ch, c’est open gifs, mèmes, photomontages et autres détournements. Petite compilation des meilleures créations en soutien à la cause.

A chacun à présent de soumettre son bruit ! De manière aussi silencieuse que créative…