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5 caméras brisées

Journal intime d'un village palestinien occupé

Par Camille Diao

10h sur Nova : l’heure des cultures en résistance, et aujourd’hui du cinéma témoin avec « 5 caméras brisées », documentaire co-réalisé par un Israélien et un Palestinien.

Un journal filmé, avec une voix off à la première personne, sur le quotidien d’un paysan de Bil’in, village de Cisjordanie où Israël a érigé un « mur de la séparation » et exproprié les habitants pour protéger la communauté juive voisine.

Pendant cinq ans, le réalisateur Emad Burnat a filmé à l’aide de 5 caméras témoins le quotidien des membres sa communauté, leur combat pour rester propriétaires de leurs terres, les manifestations, les jets de grenades… Cinq années d’affrontements avec l’armée israélienne au cours desquelles les caméras témoins furent une à une détruites par des balles, des chutes, des coups. Comme ces hommes que l’on voit tomber juste sous l’objectif. Comme ces enfants qui grandissent dans la misère et la peur.

Pour l’aider à construire son récit, Emad Burnat a fait appel à l’Israélien Guy Davidi, documentariste militant. Le résultat est bluffant : un film témoignage, forcément subjectif car sans contrechamp, mais d’une rare puissance cinématographique, qui montre avec justesse la banalité et la quotidienneté de la violence dans ces régions en conflit. Les gens ont peur, mais la vie doit continuer.

Primé au Sundance mais aussi à Jérusalem et dans une quinzaine d’autres festivals, « 5 caméras brisées » concourt aujourd’hui pour l’Oscar du meilleur documentaire.