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Du jeu démocratique en Corée

65 ans d'histoire de la Corée du Sud retracés... en jeu vidéo

Par Camille Diao

10h sur Nova : l’heure des cultures en résistance, et aujourd’hui avec un nouveau venu dans le monde du serious gaming : le jeu vidéo de la démocratie en Corée.

Car oui, les jeux vidéo peuvent aussi avoir des vertus pédagogiques. C’est le principe même des serious games, au rang desquels figure « Democracy Demo », développé par les sud-coréens du studio Shelter.

La vidéo retrace en fait les 65 dernières années de l’histoire sud-coréenne et en particulier la longue marche vers la démocratie sous la forme d’un jeu d’arcade old school franchement bien fait.

Syngman, Park Chung-Hee, Chun Doo-Hwan : on retrouve tous les protagonistes ayant marqué l’histoire du pays, ainsi que tous les évènements majeurs, même les plus sombres – l’impasse n’est pas faite sur les émeutes, les meurtres et la répression étatique.

Et le héros dans tout ça ? Avec son t-shirt blanc et sa tête pixélisée, il s’agirait de l’étudiant Park Jong-chul, torturé et mort de ses blessures après avoir déclenché un mouvement de protestations démocratique en 1987. Plus d’1,6 millions de personnes avaient participé à ses funérailles… Mais dans Democracy Demo, l’histoire se finit un peu mieux pour lui – enfin, ça dépendra de vos capacités de gamer.

3, 2, 1…. Ready ? Let’s play !

Stage 1 : 1945 – 1979. Le peuple coréen affronte Lee Seung Man, comme dans un jeu de plateforme à la Tekken. Round 1 remporté : le président est contraint à l’exil, malheureusement vite remplacé par le dictateur Takaki Masao qui écrase la révolte. Avant que son pote Kim Jae-Kyu ne l’assassine par derrière dans un niveau bonus.

Stage 2 : 1979 – 1987. Changement de décor pour cette période où les chars de Chun Doo-hwan pulvérisent sans mal les manifestants. Sauf qu’ils ont plein de vies en réserve et reviennent à chaque fois avec la barre vitale chargée à bloc. De quoi décourager les militaires, qui s’en vont en courant. Beat’em all !

Stage 3 : 1987 – 2001. Changement d’ambiance : adieu le combat, notre petit Park Jong-chul au visage renfrogné s’engage dans une véritable traversée de l’ennui, sous un pouvoir enfin démocratique mais toujours très corrompu… Une balade d’arcade dans l’univers sombre des intrigues politico-politiciennes.

Stage 4 : 2001 – 2012. Retour dans les décors du niveau 2 pour une mobilisation cette fois-ci plus sociale, contre le travail précaire et les expropriations. Qui se solde par l’effrayant retour du fantôme du dictateur Takaki… Ah mais non, c’était juste sa fille, qui fait amende honorable et se fait démocratiquement élire à la présidence.

C’était en décembre dernier. Son investiture est prévue pour le 25 février…

YOU WIN, GAME COMPLETED. Le niveau 5 s’écrira en même temps que la présidence à venir de Park Geun-hye.

 

(Ps : Si un spécialiste de la Corée est capable de nous expliquer la symbolique de la souris remplacée par un canard dans le niveau 4, qu’il se manifeste dans les commentaires)