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Arab Hackers

Culture du hack et changements sociopolitiques dans le Monde Arabe

Par Mathilde Serrell

10h sur Nova : l’heure des cultures en résistance, bidouilleuses et créatives. Et aujourd’hui, direction l’Orient où la culture du hacking participe à la construction de sociétés nouvelles, de l'Irak au Maroc.

Les nouvelles du Sud de la Méditerranée ne sont pas bonnes : en Tunisie, c’est carrément la saison 3 du printemps arabe qui vire au cauchemar pour les démocrates depuis l’assassinat de Chockri Belaïd, opposant aux islamistes d’Ennhada. Si c'est surtout cet aspect de l'actualité que les médias mettent en avant, il ne faut pas oublier de rendre justice à ceux qui sont en train de construire l'avenir, notamment au sein des Hackerspaces et autres Fab Labs.

C’est d’ailleurs le sujet de « Hackers dans la cité arabe », un webdocumentaire en cours de production que l’on devrait retrouver sur orbite médiatique en juin prochain.

Les auteurs du projet ? Sabine Blanc et Ophélia Noor, deux anciennes d’Owni.fr – oui, cette soucoupe de la free press numérique avec qui Nova a fricoté pour des nuits à thèmes (notamment la nuit « Dégage » sur le rôle des outils du numérique dans les changements démocratiques).

Spécialistes du hacking et notamment sous son angle sociétal, les deux complices ont déjà publié l’ouvrage Hackers, bâtisseurs depuis 1959, paru en octobre dernier, en digital of course. De la contre-culture californienne aux Anonymous, elles y reviennent sur un demi-siècle de hacking ainsi que sur la construction d’une culture qui ne se limite pas à l’image de piraterie et de criminalité qu’on lui prête. Car les hackers sont avant tout de grands curieux, des geeks rompus à la bidouille créative qui adorent mettre le nez sous le capot des systèmes pour les détourner à leur avantage et qui portent haut un certain nombre de valeurs comme le partage et l’accessibilité des savoirs.

L’idée du webdoc est donc de montrer que si en Occident, le hacking est une sorte de hobby des classes moyennes, dans d’autres contrées il peut être une nécessité vitale. Et notamment dans le Monde Arabe où ils accompagnent les changements politiques et sociaux, parfois en collaboration avec les hackers occidentaux.

Sabine et Ophélia sont donc parties à la rencontre de ces hacktivistes de l’Orient, de Beyrouth à Tunis en passant par Bagdad, le Caire, l’Algérie et le Maroc. Ici, les hackers tentent d’apporter leur pierre à la reconstruction de leur pays. Ailleurs, ils préparent la révolution, ou au moins le changement.

Les deux camarades se trouvent actuellement en Egypte. Aux dernières nouvelles mardi après-midi, elles visitaient un Fab Lab du Caire.

Vous pouvez suivre le fil de leur périple sur leur blog ou sur Twitter, et même contribuer à les financer sur la plateforme de crowdfunding KissKissBankBank. Plus que 52 jours pour réunir les 12 000 euros qui leur seront nécessaires...