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Le pantalon pour toutes

Après 213 ans passés dans l’illégalité, les Parisiennes ont en enfin le droit de “se travestir”

Par Quentin M

Jusqu’au 31 janvier dernier, les Parisiennes n’avaient légalement pas le droit de porter de pantalon. La culotte réservée aux hommes, un comble ! Ou un anachronisme, c’est selon.

On doit cette incongruité législative – stigmate d’une époque post-révolutionnaire révolue où les hommes exigeaient la liberté, l’égalité, la fraternité pour tous, mais surtout pour eux (et pas pour les femmes) – au comte Louis Nicolas Dubois, préfet de police de Paris, qui déclara le port de la culotte réservé aux hommes en novembre 1799.

Comme l’a relevé en 2010 le blog Antiblogue la Mode, relayé par Slate, le préfet avait alors ordonné que vu le nombre croissant de femmes qui tendaient à se travestir :

« Toute femme, désirant s’habiller en homme, devra se présenter à la Préfecture de police pour en demander l’autorisation. Cette autorisation ne sera donnée que sur le certificat d’un officier de santé… »

Deux circulaires ont amendé cette ordonnance préfectorale en 1892 et 1909 pour permettre aux femmes à cheval ou à bicyclette de se « couvrir les jambes ».

Comme le rapporte le Parisien, on doit au sénateur UMP de la Côte d’Or Alain Houpert la demande d’abrogation de cette loi discriminatoire. Déposée en juillet 2012 devant le ministère des droits des femmes, la demande a finalement reçu une réponse positive six mois plus tard :

« Cette ordonnance est incompatible avec les principes d'égalité entre les femmes et les hommes qui sont inscrits dans la Constitution et les engagements européens de la France (...) De cette incompatibilité découle l'abrogation implicite de l'ordonnance du 7 novembre qui est donc dépourvue de tout effet juridique et ne constitue qu'une pièce d'archives, conservée comme telle par la Préfecture de police de Paris ».