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No Pussies No Games

Les appels au boycott des JO d’hiver 2014 en Russie se multiplient

Par Mathilde Serrell

10h sur Nova : l’heure des cultures punk, pas contentes et toujours en résistance, ce matin avec l’opération « No pussies no games » !

Ca sonne comme un clin d’œil coquin : sans le minou de ces dames, on ne s’amuserait pas... Ou alors comme un chantage sexuel : « chéri, si tu ne t’occupes pas de mon chaton, on ne fera pas joujou ! ».

Des hypothèses sympathiques mais en réalité le sujet est plus sérieux : c’est contre la répression démesurée de la Russie à l’égard des punkettes de Pussy Riot que le slogan s’applique. « No Pussies No Games » est une opération de boycott des prochains JO d’hiver, prévus en Russie en 2014. La pétition circule sur le site Change.org et attend vos signatures.

Petit rappel pour la route : trois membres des Pussy Riot ont été condamnées en août dernier à deux ans de camp de travail pour « hooliganisme » et « incitation à la haine religieuse » après s’être livrées à une prière punk dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou. Toutes de couleurs encagoulées, elles y imploraient la Sainte Vierge de chasser le président Poutine du pouvoir.

Interrogée récemment dans le journal d’opposition Novaïa Gazeta (vous savez celui d’Anna Politovskaïa, la journaliste d’investigation assassinée en 2006), l’une des deux jeunes membres du groupe Pussy Riot s’est insurgée contre les conditions de détention et « mentalité d’esclaves » qui domine en détention. « Les droits de l’homme y sont violés partout » déclare la jeune femme.

Car au delà des Pussy Riot, la Russie de Poutine pratique à répétition les emprisonnements injustifiés et les violations des libertés fondamentales : arrestations arbitraires, matraquage des manifestants, persécution des médias indépendants, harcèlement des ONG, etc.

Dernière tache au tableau : le projet Olympstroï de village olympique, supervisé par Poutine en personne, a fait l’objet de nombreuses critiques de la part d’ONGs de défense des droits de l’homme. Human Rights Watch, notamment, dénonce les violations des droits sociaux des ouvriers travaillant sur le chantier (des heures de travail au versement aléatoire des salaires, ayant mené à des grèves de la faim) associées aux expulsions arbitraires de familles entières et à un impact écologique faramineux.

Du coup, s’est monté en France le COBOSO, Comité pour le Boycott des Jeux Olympiques de Sotchi 2014. Rassemblant de nombreux intellectuels, le COBOSO a lancé un appel dans le Nouvel Observateur en octobre dernier. Extrait :

« Le CIO, qui prétend défendre ‘’l’idéal olympique’’ et ‘’l’amitié entre les peuples‘’, se compromet à nouveau gravement avec un régime sans scrupules, celui de Vladimir Poutine, qui ne respecte ni les droits de l’homme ni les libertés démocratiques. Déjà la guerre éclair menée par la Russie contre la Géorgie dès l’ouverture des JO de Pékin 2008 – et préméditée comme l’a avoué Poutine – aurait dû, en vertu de la Charte olympique, être un motif d’annulation de l’attribution des Jeux 2014 à Sotchi. »

Faudra penser à tout ça quand vous regarderez les descentes à ski devant la télé…