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La révolution des makers

Filabot, l'imprimante 3D qui recycle. Hein ?

Par Mathilde Serrell

11h sur Nova : l’heure des mutations culturelles et autres syndromes des années 10. Et aujourd’hui, mieux que l’imprimante 3D, l’imprimante 3D qui fabrique des objets à partir de vos déchets !

La « révolution des makers », ça vous dit quelque chose ? Cela fait quelque temps déjà que Nova s’intéresse à la chose. L’expression tire sa paternité de Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired et pape du monde connecté, qui dans son dernier ouvrage prédit l’avènement d’une nouvelle révolution industrielle...

Car avec la démocratisation des imprimantes 3D, ces machines permettant à chacun de fabriquer chez soi ses propres objets, nous sommes en passe de tous devenir des « makers » (faiseurs ou fabricants en français). Bientôt, nous pourrons tous nous réapproprier les moyens de production et nous extraire des circuits classiques de consommation en concevant et produisant nous-mêmes les objets donc nous avons (vraiment) besoin. Et le tout en s’entraidant : la création d’un objet peut se faire de manière collective et collaborative, à l’image d’un article Wikipedia.

Depuis quelques années, on assiste ainsi au boom des « Fab Lab » (Fabrication Laboratory) et autres Makerspaces, ces garages modernes équipés en imprimantes 3D qui se multiplient partout dans le monde et font même leur entrée dans les bibliothèques publiques.

Les plus geeks des makers sont toujours (ou déjà ?) en train de travailler sur les améliorations à apporter à cet outil venu du futur, et notamment sur la question écologique.

Eh oui, la majorité des imprimantes 3D utilise des filaments de résine ou de plastique en guise de matière première. Une consommation importante et donc un joli gâchis en vue si tout le monde se met à imprimer ses prototypes à tire larigot !

Heureusement, Filabot est arrivée : la première imprimante 3D pensée dans un cercle vertueux, puisant sa matière première dans les déchets, voire dans ses propres déchets.

Son concepteur, l’américain, Tyler McNaney explique sa démarche : « L’enjeu pour moi était de transformer n’importe quelle bouteille de plastique en quelque chose d’utile. Avec Filabot, on peut opérer cette transformation en un rien de temps, et le refaire autant de fois qu’on le souhaite ». Ainsi, une simple bouteille de lait représente 2,5 mètres de filaments.

Le projet Filabot a trouvé son financement via la plateforme de crowdfunding Kickstarter (décidément, un vrai produit du 21e siècle), récoltant au passage trois fois plus d’argent que réclamé à l’origine.

Encore une crowd-réjouissance à l’heure où Fleur Pellerin, secrétaire d’Etat à l’économie numérique, veut faciliter le financement participatif en France : « une piste d’avenir séduisante pour ceux qui veulent investir de petits montants dans des entreprises qu’elles ont identifiées et qui s’associeraient ainsi plus personnellement dans le succès de l’entreprise ».

Bref, vous l’aurez compris, lorsqu’on se passer aussi bien des banques que des usines, la révolution semble en marche.